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PRESIDENTIELLE 2020 : vers la mise en place d’un système de monitoring dans les médias

La Maison de la presse de Guinée (MDP) — l’association faîtière des médias dans le pays — compte mettre en place une plateforme de monitoring et d’informations électorales en prélude à l’élection présidentielle du 18 octobre 2020 afin de limiter les violences avant, pendant et après le scrutin. Durant 3 mois, un pool de 75 journalistes seront formés et déployés sur les lieux. Le projet est financé à hauteur de 78 816 dollars américains par le Système des Nations-Unies en Guinée, à travers le bureau de coordination en Afrique de l’ouest et au Sahel et celui du coordinateur résident du système des Nations-Unies. Ce, dans le cadre du programme d’appui aux médias guinéens. L’annonce a été faite à la faveur d’une conférence de presse tenue ce samedi 3 octobre 2020 dans un réceptif hôtelier de la place, en présence de représentants de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la Haute autorité de la communication (HAC), le ministère de l’Information et de la Communication et des associations de presse.

Dans son intervention, Amadou Tham Camara, le président du Conseil d’administration de la maison de la presse de Guinée, est revenu sur le contexte du projet. « Ici ou ailleurs, les compétitions électorales sont marquées par des violences verbales, des discours de haine débouchant parfois à des crises post-électorales à des conséquences fâcheuses. Les médias, auteurs ou vecteurs de ces discours peuvent jouer un rôle important pour l’apaisement. C’est ainsi que dans ce projet, tous les types de médias seront impliqués dans la sensibilisation et la lutte contre les publications de fausses nouvelles : les radios privées, les radios rurales, les sites web, les journaux et les réseaux sociaux », a-t-il indiqué.

Poursuivant, il a annoncé la formation de 75 journalistes afin d’établir un pool de journalistes. « Leur travail consistera à traquer les fausses nouvelles, les nouvelles tendancieuses, les discours de haine, que ce soit dans les radios privées ou les émissions interactives, mais également sur les sites internet et les réseaux sociaux. Il y a un travail en amont qui va être fait avec le réseau social le plus célèbre qui est Facebook pour leur expliquer le contexte. Ainsi, la plateforme de monitoring va travailler : chaque fois qu’il y a des discours de haine des communicants et autres personnes qui vont être ciblés, il y aura un mécanisme qui va être ciblé et à partir de cela il y aura des articles de réponse adéquate aux fausses nouvelles sur le canaux de diffusion de la maison de la presse à travers plus de 500 journalistes qui sont affiliés ».

Concernant les émissions interactives, il a ajouté que durant cette période, les radios devront en amont entrer en contact avec les auditeurs pour connaître le contenu de leur message avant de le faire passer à l’antenne ou pas.  Des messages de paix seront également diffusés sur les sites internet et journaux identifiés sous forme de bandeaux et bannières, et sous forme de spots dans les radios rurales en 4 langues nationales au moins.

Pour sa part, Vincent Martin, le coordinateur du Système des Nations-Unies en Guinée, a expliqué que cette initiative s’inscrit dans le cadre des actions de prévention entreprises notamment par le Fonds de consolidation de la paix (PBF) en Guinée. « Donc, nous sommes mobilisés en plusieurs actions à travers des programmes concourant à la consolidation de la paix en Guinée, et nous accompagnons les acteurs de la société civile et les médias pour contribuer à l’organisation des élections présidentielles qui sont apaisées dans le respect des droits de l’homme et de la paix durable », a promis le diplomate onusien.

Mohamed Ibn Chambas, le représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies en Afrique de l’ouest et au Sahel, en séjour actuellement en Guinée, a interpelé sur les propos violents et les incidents déjà enregistrés à l’intérieur du pays dans le cadre de la campagne électorale. « Dans un monde aujourd’hui globalisé, l’omniprésence des médias exige un renforcement de capacités qui leur permettent de remplir la fonction attendue d’eux à savoir : informer, sensibiliser et aider à l’analyse. Nous nous retrouvons aujourd’hui, car nous souhaitons que les médias, tout en continuant d’informer, prennent des attitudes et comportements de Guinéens pour des élections pacifiques. Les Nations-Unies demandent instamment à la presse de s’abstenir des couloirs de transmission de discours et messages de la haine et de la désillusion. Les médias doivent veiller à la lutte contre la désinformation et la diffusion de propos haineux en refusant de véhiculer les messages de ceux qui utilisent le mensonge, la peur et la haine », a-t-il préconisé.

A noter que la Maison de la presse n’est pas à sa première participation électorale. En 2010, elle avait notamment participé à la vulgarisation des résultats provisoires.

Hawa Bah

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