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CONAKRY : les chauffeurs de taxis roulant sur l’axe Cosa-Nongo en colère contre les policiers

Depuis la récente hausse du prix des produits pétroliers, les transporteurs et leurs responsables syndicaux ne parlent plus le même langage. Principal point de discorde : le prix du tronçon. Le gouvernement avec l’appui des syndicats l’a fixé à 1 500 francs guinéens (le même prix avant le réajustement du prix du litre du carburant à la pompe). Une décision qui passe très mal chez les chauffeurs qui ont à leur tour fixé le prix du tronçon à 2 000 francs. Ce que certains policiers ne comptent pas laisser prospérer.

Conséquence, des chauffeurs de taxi sont traqués par les forces de l’ordre. C’est le cas de ceux qui roulent sur le tronçon Cosa-Petit Simbaya-Nongo, qui ont observé une grève ce samedi 21 août 2021 pour, disent-ils, protester contre l’arrestation et les abus dont ils sont victimes. Ces chauffeurs disent être traqués par les forces de l’ordre pour avoir fait payer leurs tarifs (2000 francs guinéens, ndlr), jugés non conventionnels par les policiers. C’est pourquoi ils ont décidé de se faire entendre, en garant purement et simplement leurs véhicules. Peu de taxis ont circulé dans cette zone ce samedi. Au carrefour Nongo, les chauffeurs sont réunis entre collègues pour passer cette journée pas comme les autres. Assis sous un arbre, ils observent les passagers qui cherchent désespérément à s’embarquer dans un véhicule. « Nous nous comprenons bien avec les passagers. Ce sont les policiers qui nous fatiguent. Leur méthode, c’est de s’infiltrer parmi les passagers », explique Souleymane Bah Gaoual, chauffeur très en colère contre les agents. Selon lui, c’est une fois devant le commissariat de Nongo que ces derniers demandent à descendre : « Ils te donnent un billet de 5 000 francs et attendent la monnaie. Et si nous prenons 2 000, les policiers nous arrêtent sur le champ pour nous conduire dans leurs locaux où ils nous font payer entre 250 000 et 400 000 francs guinéens, en prétextant qu’on a violé ce que le président Alpha Condé a dit. Depuis hier, vendredi, ils ont arrêté environ 16 chauffeurs de taxi ».

Estimant qu’ils ne gagnent rien en faisant payer le tarif que les autorités ont imposé depuis l’augmentation du prix du carburant, les chauffeurs décident d’arrêter les activités. « On ne gagne pas et on ne se repose pas, ça serait maladroit de notre part. Nous travaillons aussi pour un patron à qui on doit rendre des recettes. Au lieu de continuer d’avoir des problèmes avec nos patrons, nous préférons arrêter d’abord, comme on n’a pas des gens qui peuvent nous défendre », a-t-il ajouté, faisant référence au sentiment d’abandon de la part du syndicat des transporteurs qui a préféré se ranger du côté des autorités.

A Cosa, le constat est le même : seuls les taxis motos et quelques véhicules y circulent. Selon un chauffeur trouvé sur place, certains syndicalistes sont de mèche avec les policiers. « Nous avons arrêté nos activités depuis 12h50 mais à notre grande surprise, les membres du bureau syndical circulent. Et puis, ils font payer 2000 francs eux aussi mais personne ne les arrête. Quand c’est nous qui faisons payer à ce tarif, les policiers nous arrêtent. C’est parce qu’ils se comprennent, non ? », s’interroge-t-il.

« Après calcul, nous avons trouvé que si nous faisons payer le tarif demandé par les autorités, on ne pourra même pas récupérer le prix du carburant. Sans parler maintenant de la recette et de ce que nous, chauffeur, nous devons gagner », assure un autre chauffeur trouvé sur les lieux, qui indique avoir observé la grève suite à l’arrestation de plusieurs de ses amis. « Si les autorités avaient au moins laissé le prix du carburant à 10 000 francs par litre, je suis sûr que nous pourrions supporter le tarif a 1 500 francs », ajoute-t-il, assurant que le syndicat qui a parlé au nom des transporteurs ne s’est pas concerté avec ces derniers.

Chez les citoyens, la patience devient longue. Plusieurs personnes sont arrêtées au point d’embarquement de Cosa et attendent désespérément un taxi. C’est le cas de Amadou Camara, qui dit avoir passé près d’une demi-heure en train de chercher un taxi. « Les rares taxis qui viennent sont remplis de personnes. C’est tout un problème pour avoir un taxi aujourd’hui. Si les autorités veulent faire appliquer leur tarif, qu’ils commencent alors par la route Le Prince où les chauffeurs font payer 2 000 francs le tronçon. Il faut qu’ils arrêtent de fatiguer les pauvres chauffeurs de ces petits tronçons », a-t-il lancé avant de se précipiter à l’intérieur d’un véhicule qui venait à peine de s’arrêter pour prendre des passagers.

Aliou Nasterlin

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