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FARE YARE : la décision des autorités royalement ignorée à Madina

Les autorités de la transition ont il y a quelques jours interdit la fabrication, l’importation et la commercialisation des contrefaçons des tissus locaux guinéens.  Ledjely.com s’est rendu au grand marché de Madina pour constater l’effectivité de cette décision. Mais dans le plus grand marché du pays, c’est à croire que personne n’avait entendu parler du communiqué conjoint des ministères de la Culture et du Commerce. Entre vendeurs et acheteurs, le ‘’Faré Yaré’’ s’échange comme si de rien n’était.

Il est presque 10 heures, dans les allées exiguës du marché Madina, la chaleur est à son comble. À moins d’une semaine de la fête de la fête de ramadan, le plus grand marché de Conakry est plein à craquer. Dans le lot, des femmes venues payer des tenues de fête et des vendeuses ventant leurs marchandises. Une montagne de pagne Faré Yaré devant elle, Aminata Sylla s’oppose purement et simplement au communiqué des ministres de la Culture et du Commerce, interdisant l’importation et commercialisation de contrefaçon des pagnes locaux. « C’est du n’importe quoi ! J’ai beaucoup de bouches à nourrir, c’est grâce à ce commerce que j’arrive à m’en sortir.  Je ne vais pas appliquer cette décision du gouvernement, parce que ça ne m’arrange pas. Où veut-on que je mette tout ce que j’ai ici. J’ai un gros stock que je compte vendre », martèle-t-elle, visiblement irrité par la décision des autorités.

Et Aminata n’est pas la seule. Tout au long des allées c’est le même constat. Les pagnes contrefaits se vendent et s’achètent comme de petits pains. Mère de famille, Fatoumata Sylla en vend elle aussi. Mais en plus, le Faré Yaré, c’est ce que sa famille et elle-même entendent porter le jour de la fête. « Si les femmes achètent les contrefaçons de nos pagnes locaux, c’est parce qu’elles ne sont pas chères et ne se déteignent pas. Alors que nos pagnes locaux sont très chers. Par exemple, tu peux payer 3 pagnes ‘’Damier’’ à près de 300 000 GNF. Tu laves une seule fois et c’est fini », expliquet-elle. En sorte qu’en ce qui la concerne, elle n’a qu’un seul message pour les teinturières guinéennes : « Si elles veulent garder leurs clientes, qu’elles nous produisent de bon pagnes ».

A l’inverse, Aissata Camara, la cinquantaine, accueille bien la décision des autorités. Certes, même si sa robe Leppi légèrement déteinte tend à accréditer les critiques sur la qualité des tissus locaux. Mais pour des raisons d’identité, elle comprend parfaitement la décision des autorités.   « Je suis contente que l’Etat ait pris cette décision.  Moi-même je porte du Leppi, j’ai acheté les 3 pagnes à 250 000 GNF. Il est vrai que c’est cher. Mais c’est notre identité. Partout où quelqu’un voit le pagne Leppi, on sait que c’est guinéen, il ne faut pas accepter que les Chinois nous volent cette identité », préconise-t-elle.

Asmaou Diallo

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