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DUBRÉKA : le nouveau marché de la ville peine à trouver occupants

A Dubréka, les autorités communales ont procédé à la construction d’un nouveau marché pour les commerçants de la ville. Alors qu’il est déjà pour accueillir les premiers vendeurs et acheteurs, ce nouveau centre de négoce peine toujours pas à trouver occupants. Selon les vendeuses rencontrées dans la ville par une reporter du Djely, il est loin de répondre à leurs exigences !

Ce nouveau marché est situé près du port de Dubréka, non loin de l’hôpital préfectoral. Composé de deux grands hangars avec quelques boutiques en construction, il est quasiment vide lorsque nous y arrivons vers 15h. L’ancien marché pour sa part continue de refouler du monde.

Situé presqu’en plein cœur du centre-ville, il est à proximité de la gare voiture. Sur place, les étalagistes ne se font pas prier pour vendre. La plupart des boutiquiers quant à eux ont déjà arraché les portes de leurs boutiques situées dans l’ancien marché pour aller s’installer dans le nouveau. Mais l’affluence de la clientèle n’est pas la même. « Les étalagistes n’ont pas assez de places là-bas. On est entrain de réserver les places et de construire les boutiques, mais c’est les boutiquiers qui ont été recasés en premier. L’Etat nous a juste dit qu’il a besoin du marché pour construire un palais de justice ici. A la commune, on nous avait demandé de partir au nouveau marché avant le 08 avril mais les vendeuses n’y sont pas allées et les boutiques y sont toujours fermées », explique Mariame Baldé, vendeuse dans le vieux marché depuis plus de 5 ans.

Sa voisine Maimouna Camara, elle aussi étalagiste, ne compte pas quitter de sitôt les lieux pour le nouveau marché. Pour elle, il est impossible d’aller dans un marché où il n’y a pas de magasin et où la clientèle se fait rare. « Il y a un problème de places au nouveau marché. Et c’est loin. On ne peut pas y vendre jusqu’à très tard la nuit. Ce n’est pas bien aménagé et il y a peu de vente là-bas. Il n’y a pas de magasins pour stocker nos marchandises et ça, ça ne nous arrange pas. Nous attendons également qu’on fasse le sacrifice du lieu », explique-t-elle.

Administrateur du marché, Mohamed Lamine Bangoura ne nie pas ces « quelques manquements » mais assure que les autorités font déjà leur mieux pour que les femmes migrent bientôt vers le nouveau marché. « Quel que soit l’argument qu’elles brandissent, elles vont déménager (…) Nous n’avons pas encore de magasins à louer pour les stockages. Mais nous avons averti les autorités pour que les étalagistes puissent des magasins », tranche-t-il.

Raynatou Bah gère une pharmacie non loin du marché. A l’annonce de la mise à disposition du nouveau marché, elle a saisi l’opportunité mais n’a pas eu assez de chance. L’Etat ne voulant pour construire les boutiques, elle a obtenu une portion de terre pour y construire son local moyennant le paiement des impôts et taxes du marché quand sa boutique commencera à fonctionner. « On n’a pas tous eu de places au marché. C’est pourquoi nous avons eu des places vides ici pour construire nos boutiques, on m’a donné ce terrain vide. Nous n’allons pas payer de loyer, sauf les impôts et taxes quand nous allons commencer la vente. Le prix de ces taxes ne sera pas aussi revu à la baisse malgré notre situation », précise la mère de famille.

Ousmane Camara n’a pas eu autant de chance. Gardien du site du nouveau marché depuis près de 15 ans, il n’a obtenu ni table, ni boutique, encore moins une portion de terre pour y construire. « Je suis en outre pêcheur et mes femmes revendent les poissons. Je n’ai obtenu aucune place. Je me suis fait entendre mais rien jusqu’à présent. Les autorités m’ont toujours rassuré que j’aurais quelque chose mais le partage est fini et rien ne m’est revenu. J’habite toujours dans ce site qui abrite le nouveau marché, mais dès que le transfert définitif aura lieu, je vais déménager pour que le local soit utilisé comme bureau du nouveau marché. Ils m’ont dit qu’au cas où je n’aurai rien, qu’ils me prendront comme gardien. Mais ça, je n’en veux plus, j’ai trop souffert. Ceux qui ont construit ici me doivent 4 500 000 GNF de frais de travail. Je suis passé chez toutes les autorités, sans succès. Qu’ils m’aident à obtenir une place, j’ai gardé ici sans être payé pendant des années », réclame le vigile, sans beaucoup d’espoir d’obtenir gain de cause.

Elisabeth Zézé Guilavogui

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