La délivrance des extraits de naissance biométriques est à l’arrêt dans la nouvelle commune urbaine de Sanoyah. Face à cette situation préoccupante, Kadiatou Barry, déléguée de l’état civil, interrogée ce mercredi 7 janvier 2026, lance un cri du cœur aux autorités afin de débloquer un problème qui pénalise des milliers de citoyens, contraints de se rendre dans les communes voisines pour obtenir ce document essentiel.
Alors que la modernisation de l’état civil figure parmi les priorités nationales, la commune de Sanoyah semble avoir été oubliée dans le déploiement des équipements technologiques. Le constat dressé par Kadiatou Barry est sans appel : les locaux sont prêts, les tables installées, mais les terminaux biométriques manquent toujours à l’appel.
« Je ne sais pas, jusqu’ici, qu’est-ce qui n’a pas marché. Ils nous ont promis qu’ils vont envoyer les machines bientôt. Ils ont juste envoyé les tables, qui sont installées. Depuis lors, on nous a promis les machines deux semaines après, mais jusqu’à présent, rien n’a marché », déplore-t-elle.
Cette carence technique plonge les agents de l’état civil de Sanoyah dans une impuissance totale, face à une demande locale sans cesse croissante. Pour ne pas laisser les usagers sans solution, la déléguée se voit contrainte de les orienter vers d’autres circonscriptions, allongeant les délais et alourdissant les dépenses pour les familles.
« Quand les gens viennent vers moi, je les conduis là où il y a la biométrie : à Coyah, chez mon ami à Tombolia, ou bien à Kagbelin. Sinon, je ne peux rien faire pour eux. Les gens ont très besoin de ça ici, on me fatigue pour ça », confie-t-elle.
Malgré de multiples démarches entreprises auprès des services compétents, le blocage persiste, sans explication officielle. Pour Kadiatou Barry, qui affirme avoir « fait de son mieux », la situation actuelle appelle une intervention urgente des plus hautes autorités de l’État, afin de soulager une population en quête de documents d’identité sécurisés.
« Si l’État peut nous aider, ou bien le ministre peut nous aider à avoir ça, ça me ferait plaisir. On ne sait pas où est le blocus », plaide-t-elle avec insistance.
En attendant une réaction du ministère de l’Administration du Territoire, les habitants de Sanoyah restent contraints de parcourir des kilomètres pour obtenir un simple extrait de naissance.
Thierno Amadou Diallo


