Après plusieurs jours de rumeurs persistantes sur son état de santé, la nouvelle est désormais confirmée. Aboubacar Sidiki Diakité, dit « Toumba », ancien militaire condamné à dix ans de prison à l’issue du procès du massacre du 28 septembre 2009 à Conakry, est décédé.
L’annonce officielle a été faite ce mercredi 25 mars par la Direction nationale de l’Administration pénitentiaire et de la Réinsertion. L’ancien officier avait été récemment transféré à la maison d’arrêt de Coyah.
Au domicile familial, la tristesse est palpable. Dans une atmosphère lourde de recueillement, parents, amis et anciens collaborateurs se succèdent pour présenter leurs condoléances. Tous dressent le portrait d’un homme « généreux, solidaire et engagé ».
Visiblement bouleversé, Alpha Amadou Diallo, ami d’enfance du défunt et proche de l’ancien homme fort du régime de Dadis Camara, a livré un témoignage empreint de nostalgie.
« J’ai grandi avec Toumba. On faisait tout ensemble à l’enfance. Jusqu’au moment où il a fini ses études, jusqu’au moment où il s’est attaqué avec son patron. Il est parti à Dakar, il est revenu. Le jour où il est revenu, il m’a appelé. C’était à la maison centrale. Il m’a demandé : “Calva, où es-tu ?” Je lui ai dit : “Je suis à la mairie.” Il m’a dit : “Viens.” Depuis ce jour, on est toujours ensemble… », a-t-il affirmé.
Selon lui, le Commandant nourrissait une attention particulière pour la jeunesse guinéenne et portait en lui une volonté constante d’améliorer ses conditions de vie.
« Toumba n’a jamais fait du mal à quelqu’un depuis l’enfance. Il pensait toujours à la jeunesse et à son prochain. Je ne lui ai jamais demandé quelque chose qu’il refuse. Il m’a toujours respecté. Il me disait toujours : je ferai de sorte que la jeunesse guinéenne s’en sorte de ce problème. Parce que les Guinéens souffrent beaucoup. Il avait toujours de bonnes paroles envers les Guinéens. C’était un homme très patient, qui pensait toujours aux autres, qui aimait faire des sacrifices, qui aimait beaucoup donner. Mais Dieu a voulu ainsi », a-t-il poursuivi.

Un autre proche, ayant requis l’anonymat, évoque également un homme habité par une foi profonde et une vision pour son pays.
« Quand il était à la maison centrale de Coyah, il me disait que le bon Dieu l’a envoyé là-bas, certainement pour qu’il puisse changer d’autres personnes… Il était animé d’une très, très grande volonté pour le pays. Il était très inquiet pour la jeunesse. Tout le temps, il me disait : regarde comment la jeunesse est tombée dans la perversité, comment la jeunesse est partie de côté. Quel est l’avenir de ce pays ? Il avait une très belle ambition pour ce pays. Et nous… il disait toujours de prier pour le président Mamadi Doumbouya. Il le disait à tout moment, à chaque occasion. Il disait : Mamadi est un jeune, il ne faut pas lui en vouloir. Il faut prier pour lui », a-t-il déclaré.
Ce proche a également révélé que le défunt souffrait depuis plusieurs années d’un problème de santé.
« Tout le monde savait que (Toumba) était malade depuis sept ans. Il souffrait d’une hernie de la ligne blanche. Il a demandé de l’aide à tout le monde, mais en vain. Il a même fait une sortie lors du procès en expliquant la situation. Pour le moment, nous ignorons la cause de son décès. Nous sommes une famille croyante et résiliente. Nous pensons que c’est la volonté de Dieu, comme lui-même aimait le dire, que c’était déjà prescrit dans l’organigramme divin. On restera derrière ça et on dira toujours Alhamdoulilah », a-t-il souligné.
Selon un communiqué de la direction nationale de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion, le Commandant Aboubacar Diakité, dit « Toumba », a été déclaré décédé, dans un tableau clinique de hernie de la ligne blanche étranglée compliquée d’une péritonite aiguë généralisée.
Aminata Camara




