Adoptée à une écrasante majorité le 4 avril 2026, la révision constitutionnelle réintroduisant le poste de vice-président au Cameroun suscite une vive controverse. Présentée comme un mécanisme de stabilité, elle ravive surtout les inquiétudes autour de la succession du président Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies.
Le Cameroun entre dans une nouvelle phase de son évolution institutionnelle. La révision constitutionnelle adoptée par le Parlement camerounais prévoit la réintroduction du poste de vice-président, fonction supprimée depuis plusieurs décennies. Le vote s’est conclu par 200 voix pour, 18 contre et 4 abstentions, témoignant d’un large soutien parlementaire.
Aux yeux du gouvernement, cette réforme garantit une transition ordonnée en cas de vacance du pouvoir et permet de prévenir toute instabilité. Le futur vice-président, choisi directement par le président Paul Biya, aura pour mission principale d’assurer la continuité des institutions.
Mais cette initiative suscite des critiques virulentes au sein de l’opposition et de la société civile. Beaucoup y voient un mécanisme visant à sécuriser la succession du président, dont le mandat s’inscrit dans une longévité exceptionnelle de plus de 40 ans. L’attention se tourne naturellement vers Franck Biya, dont le nom circule comme héritier potentiel, évoquant des comparaisons avec le modèle dynastique observé en Guinée équatoriale.
« Après quatre décennies au pouvoir, il semble que M. Biya souhaite préparer lui-même la relève. Cela reste inacceptable pour notre démocratie », a déclaré un acteur politique camerounais, exprimant le sentiment partagé par une partie de la société.
Cette réforme, loin de faire consensus, ravive ainsi les tensions autour de la gouvernance et de l’avenir politique du pays.
N’Famoussa Siby




