À Kankan, des syndicalistes du secteur des transports ont paralysé la circulation en bloquant plusieurs voies publiques, notamment à Djankana. Selon nos informations, l’ensemble des véhicules de transport a été contraint d’interrompre ses activités. À la grande gare routière de Kankan, le constat était sans équivoque : guichets fermés, véhicules stationnés et absence totale de trafic. Une source locale confirme qu’aucun véhicule n’avait pu entrer ni sortir depuis plusieurs heures.
Sur les raisons de ce blocage inattendu, un responsable syndical, souhaitant rester anonyme, n’a pas voulu s’exprimer officiellement. Hors micro, il a évoqué une grève motivée par « des difficultés auxquelles les transporteurs sont confrontés », sans fournir davantage de détails. Parallèlement à la fermeture des bureaux, des actions de blocage ont immobilisé plusieurs véhicules à Djankana.
Alerté de la situation, le procureur de la République près le TPI de Kankan a immédiatement ordonné l’intervention de la force publique. L’escadron de gendarmerie mobile d’intervention (EGMI) a été déployé pour dégager la voie et permettre la reprise des activités. « Nous avons fait une réquisition à la force publique, non seulement pour dégager la voie publique, pour que les citoyens puissent vaquer à leur activité, mais également, nous avons aussi requis l’issue de justice, afin de constater cette inconduite notoire qui s’est passée sur le terrain », a expliqué le procureur, Fodé Bintou Keita.
Il a rappelé qu’à la veille, les syndicats avaient été reçus par les autorités administratives, dont le préfet de Kankan, qui les avait invités à privilégier le dialogue, à respecter les lois et à laisser place à la négociation. « Ce matin, contre toute attente, ils ont décidé de violer toutes les lois de la République, empêchant tous les citoyens de vaquer à leur occupation et, quand la gendarmerie mobile d’intervention a été requise par le procureur de la République que je suis, pour que force reste à la loi, ils ont également résisté à la force publique », a dénoncé le procureur.
Malgré cette résistance, les forces de sécurité ont rétabli l’ordre. « Force restera à la loi », a-t-il affirmé, saluant le « professionnalisme probant » des unités engagées, qui ont permis un retour au calme sans perte en vie humaine.
Des véhicules ont été saisis et placés sous main de justice, tandis que plusieurs meneurs ont été interpellés. « Mais comme ce sont des gens qui sont formés, force est restée à la loi, le calme est revenu dans la cité, les véhicules ont été saisis, déjà aujourd’hui placés sous la main de la justice, et les meneurs à date sont arrêtés et je promets l’application de la loi dans ce dossier, parce qu’on ne peut pas tolérer que les citoyens se lèvent un matin, viennent bloquer la voie publique, comme si nous étions au Guantanamo. Donc force restera à la loi », a-t-il ajouté, félicitant la gendarmerie pour son intervention.
Sur le terrain, le blocage a eu des conséquences particulièrement lourdes pour les usagers. Des centaines de véhicules sont restés immobilisés pendant plusieurs heures, plongeant les passagers dans une situation difficile. Diallo Mamadou Saïd, en provenance de Bamako, raconte : « Nous sommes arrivés à Djankana aux environs de 4 heures du matin. La route était complètement barrée et les syndicalistes avaient saisi les clés de plusieurs véhicules. Des centaines de voitures étaient immobilisées ».
Malgré leurs tentatives de négociation, les voyageurs n’ont obtenu aucune solution : « Nous avons supplié qu’on nous laisse passer, mais ils ont refusé. Nous sommes restés bloqués jusqu’à 8 ou 9 heures, dans des conditions très difficiles ».
Le procureur de la République a rappelé : « les personnes impliquées dans ces actes devront répondre de leurs faits devant la justice. La loi sera appliquée dans toute sa rigueur ».
À l’issue de l’intervention, le calme est progressivement revenu à Djankana, permettant la reprise du trafic routier. Pour l’heure, les transporteurs n’ont fait aucune communication officielle.
Michel Yaradouno, depuis Kankan




