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Interdictions religieuses à Wonkifong : la fronde des fidèles de Léfouré Dakha

Un vent de discorde souffle sur la sous-préfecture de Wonkifong (Préfecture de Coya) depuis que la Ligue islamique locale, sous l’impulsion d’Elhadj Oumar Conté et d’Elhadj Abdoul Karim Bangoura, a imposé une mesure de contrôle strict sur les pratiques religieuses. Une note officielle interdit désormais toute célébration : du Maouloud aux mariages, en passant par les baptêmes et même les décès, sans l’aval préalable des imams de quartier. Si les autorités justifient cette décision par la volonté de « préserver les valeurs islamiques et l’unité de la communauté », la réalité à Léfouré Dakha dépeint une fracture profonde.

Ce lundi 21 avril 2026, la tension a atteint son paroxysme avec l’interpellation de quatre fidèles, conduits à la gendarmerie territoriale de Coyah pour avoir officié sans autorisation. Libéré provisoirement par les autorités administratives pour « non-fondement de l’affaire », Younoussa Tounkara, l’un des mis en cause, a dénoncé avec virulence ce qu’il considère comme une « dérive autoritaire ».

Selon lui, le conflit est alimenté par des intérêts financiers camouflés derrière la foi. Il pointe directement la responsabilité de l’imam local, Moussa Keïta.  « Si l’imam n’a d’activité que la mosquée, il va forcément créer son entreprise dans la mosquée et, du coup, il ne va pas accepter la concurrence. Lorsqu’il y a trois ou quatre baptêmes dans le quartier, il veut lui seul passer partout pour récupérer les miettes. On lui a expliqué que ça ne se passe pas comme ça, qu’il lui faut des adjoints, mais il refuse », a-t-il accusé.

Il accuse l’autorité religieuse de vouloir s’imposer au-delà du cadre spirituel, au mépris des réalités du quartier. « Il veut être omniscient, omnipotent, comme s’il était l’ambassadeur de Dieu sur Terre. Il nous a dit carrément qu’il a des agents qui le renseignent sur ce qui se passe dans le quartier », s’indigne-t-il, avant de rapporter des propos aux relents discriminatoires tenus, selon lui, par la hiérarchie préfectorale.

Face à cette situation, les habitants de Léfouré Dakha réclament plus de pluralisme et de transparence. Malgré les tensions, les fidèles continuent de contribuer aux travaux de la mosquée locale. « On est allé jusqu’à dire à l’imam de Wonkifong : envoie-nous un autre imam qui n’est pas « trop bon », pour qu’il puisse nous réunir tous et qu’on fasse les choses ensemble », explique Tounkara, soulignant que la communauté privilégie la construction de lieux de culte plutôt que de lieux de débauche.

Cette affaire, qui mêle droits constitutionnels et gestion religieuse, pose désormais un défi de taille aux autorités administratives de Coyah pour maintenir la paix sociale. Les yeux sont désormais rivés vers le Secrétariat général des Affaires religieuses pour trouver une solution au problème.

Thierno Amadou Diallo

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