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Liberté de la presse en Guinée : entre célébration et calvaire quotidien pour les journalistes

À l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, célébrée ce 3 mai 2026, l’Alliance des Médias pour les Droits Humains en Guinée dresse un constat sans complaisance : derrière les discours officiels, les journalistes guinéens continuent de travailler dans un climat de peur, de précarité et de restrictions croissantes.

En Guinée, la Journée internationale de la liberté de la presse a un goût amer. Si ailleurs elle rime avec avancées démocratiques, à Conakry, elle sonne plutôt comme un rappel brutal des épreuves que traversent les professionnels de l’information.

Dans une déclaration rendue publique ce 3 mai, l’Alliance des Médias pour les Droits Humains en Guinée (AMDH) souligne que, malgré l’absence de journalistes en détention, la situation globale reste préoccupante. « Les défis et les contraintes demeurent nombreux et persistants », alerte l’organisation .

Le tableau dressé est sombre. Fermeture de médias influents depuis 2024, disparition non élucidée du journaliste Habib Marouane Camara, agressions répétées, menaces permanentes, suspensions en cascade… la liste des obstacles est longue et inquiétante . À cela s’ajoutent les coupures intempestives d’internet, qui entravent sérieusement le travail des rédactions.

Dans ce contexte, exercer le métier de journaliste relève parfois du parcours du combattant. La peur des représailles, les intimidations d’acteurs connus ou anonymes, et l’absence de garanties sécuritaires plongent de nombreux professionnels dans une insécurité permanente.

À ces pressions s’ajoute une autre réalité tout aussi alarmante : la précarité. L’AMDH pointe du doigt les conditions de vie difficiles des journalistes guinéens, souvent contraints de travailler sans protection sociale, avec des revenus instables et insuffisants . Une situation qui fragilise davantage l’indépendance de la presse.

Conséquence directe : la Guinée continue de reculer sur la scène. Selon le classement 2026 de Reporters sans frontières, le pays occupe la 111e place sur 180, poursuivant une chute entamée depuis plusieurs années . Un signal inquiétant pour l’état de la démocratie.

« Au regard de ce tableau peu reluisant, notre pays qui avait perdu 7,5 points l’année dernière et 25 places dans le classement, continue hélas, de chuter pour perdre encore 4 points cette année », indique l’AMDH.

Face à cette situation, l’AMDH appelle les autorités à agir sans délai. Parmi les priorités : faire la lumière sur la disparition de Habib Marouane Camara, renforcer la sécurité des journalistes, garantir un accès équitable à l’information et améliorer le cadre légal de la presse .

Mais au-delà des recommandations, c’est un cri d’alarme que lancent les acteurs des médias. Car en Guinée, informer peut coûter cher. Très cher.

N’Famoussa Siby

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