La tension ne retombe pas à Kérouané. Le mouvement de grève déclenché par les travailleurs de Bawou Winning Consortium Simandou (BWCS) se poursuit, malgré les tentatives de médiation engagées par les autorités locales, notamment le préfet, le colonel Cécé Richard Haba. Sur le terrain, les positions restent figées.
En marge de la manifestation organisée hier au centre-ville, le président de la délégation syndicale de BWCS est longuement revenu sur les raisons de cette montée de colère.
Conditions de vie précaires, absence de catégorisation des travailleurs, salaires jugés dérisoires : tels sont, entre autres, les maux que dénoncent les employés du mégaprojet Simandou. Après des années d’attente, ces derniers ont quitté les sites miniers pour investir la rue, déterminés à se faire entendre.
Alpha Camara, président de la délégation syndicale, dresse un constat alarmant.
« Les employés souffrent beaucoup ici, et ce depuis 2019. En tant que délégation syndicale, il est de nos prérogatives de défendre le travail et les travailleurs. Et c’est ce que nous avons fait de 2019 jusqu’à la fin de l’exploration. Notre dernier espoir était cette catégorisation, mais malheureusement, celle-ci a été bafouée par nos patrons, qui refusent même de coopérer malgré l’implication du préfet et de l’inspection régionale du travail de Kankan », dénonce le syndicaliste.
Malgré les blocages, les grévistes affichent leur détermination à poursuivre le mouvement jusqu’à satisfaction de leurs revendications.
« Nous voulons poursuivre cette manifestation pacifique jusqu’à la satisfaction de nos besoins. Nous souhaitons que cette grève soit une ouverture pour régler tous nos petits problèmes », a ajouté Alpha Camara.
Face aux risques de débordements, le syndicat lance un appel direct au chef de l’État.
« Aujourd’hui, les travailleurs nous écoutent. Mais ils sont plus de 3 000 et, à un moment donné, cela peut déborder. Si nous sommes restés sans casse, c’est par respect pour le président Mamadi Doumbouya. Tout le monde parle de Simandou 2040, c’est un honneur de travailler ici, sauf qu’à l’intérieur, le contenu est un bidon. Nous voulons qu’il intervienne le plus tôt possible pour éviter le débordement de ce problème », a conclu notre interlocuteur.
Pour l’heure, silence total du côté des responsables de BWCS à Kérouané. Les multiples sollicitations de la presse locale restent, pour l’instant, sans réponse.
Michel Yaradouno, depuis Kankan




