Le ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, à travers son service Genre et Équité, en partenariat avec l’UNICEF, a célébré ce mercredi 21 mai 2026 la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle sous le thème : « Menstrues libres, filles debout ! » et le slogan : « Les règles ne sont pas un obstacle à l’école ».
La cérémonie, organisée à l’école primaire de Kipé, a réuni élèves, enseignants, cadres du ministère ainsi que des représentants de la Direction communale de l’éducation de Ratoma. À travers cette initiative, les autorités et leurs partenaires ont voulu sensibiliser sur l’importance de la gestion de l’hygiène menstruelle et lutter contre les stigmatisations qui freinent encore la scolarisation de nombreuses jeunes filles.

Prenant la parole au nom de la Direction communale de l’éducation de Ratoma, Amadou Dia a insisté sur l’urgence de créer un environnement scolaire plus inclusif pour les filles.
« Une école ne peut être inclusive et performante si la moitié de ses élèves manque les cours chaque mois par manque d’information, d’eau, de latrines séparées ou de protections hygiéniques. Briser le tabou des règles, c’est protéger le droit des filles à l’éducation et à la santé », a-t-il déclaré.
Il a ensuite réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner les actions de sensibilisation dans les établissements scolaires de Ratoma.
« Nos enseignants, nos clubs de santé scolaire et nos APEAE sont mobilisés pour faire de l’hygiène menstruelle un sujet normal, éducatif et sans honte », a-t-il assuré.

De son côté, la directrice nationale de la santé scolaire et universitaire, Dr Kolet Gama Beavogui, a rappelé que les menstruations sont un phénomène naturel qui ne devrait faire l’objet d’aucune discrimination.
« Les règles ne sont pas une maladie et ne doivent faire l’objet d’aucune stigmatisation. Les menstruations sont tout simplement le signe naturel, sain et magnifique de la vie chez les femmes et les filles pendant une période de leur existence », a-t-elle expliqué.
Profitant de cette tribune, elle a également prodigué plusieurs conseils pratiques liés à l’hygiène menstruelle.
« Après 4 à 6 heures, il faut changer les protections et se laver. L’hygiène menstruelle est très importante. Si vous ne prenez pas soin de vos menstruations, vous risquez de graves infections. Les règles peuvent être perturbées à cause de l’âge. Leur absence ne veut pas forcément dire que vous êtes enceinte », a-t-elle précisé.

Dans un message adressé aux jeunes filles, aux parents et aux leaders communautaires, Dr Beavogui a appelé à mettre fin aux moqueries et aux préjugés autour des menstruations.
« À toutes les jeunes filles qui m’écoutent aujourd’hui, je veux vous dire ceci : soyez fières de votre corps. Ne laissez jamais personne vous faire croire que vous êtes faibles ou impures à cause de vos règles. Vous êtes fortes, vous êtes l’avenir. Aux parents, aux enseignants et aux leaders communautaires : devenez des alliés. Éduquons nos fils afin qu’ils respectent et comprennent ce phénomène des menstruations pour bannir définitivement les moqueries dans les cours de récréation », a-t-elle lancé.
La représentante de l’UNICEF, Lisa Kim, a quant à elle souligné que l’investissement dans la gestion de l’hygiène menstruelle constitue un levier essentiel pour garantir l’égalité des chances en milieu scolaire.

« Garantir le droit à l’éducation et à l’équité. En offrant aux filles les moyens de gérer leurs règles sereinement, nous agissons concrètement pour réduire l’absentéisme scolaire et favoriser l’excellence féminine ; protéger la santé et la dignité grâce à l’accès à des serviettes hygiéniques lavables, saines et durables ainsi qu’à des informations médicales fiables ; et renforcer les infrastructures EHA (Eau, Hygiène et Assainissement). Une école adaptée aux besoins des filles doit disposer de points d’eau fonctionnels, de savon et de toilettes propres, sécurisées et séparées », a-t-elle indiqué.
Présidant la cérémonie, la cheffe de cabinet du ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Mme Fatoumata Diarra Diallo, a rappelé que de nombreuses jeunes filles continuent encore de vivre leurs menstruations dans le silence et la gêne, faute de conditions adéquates.

« Pourtant, les menstruations sont naturelles. Elles ne doivent jamais être une source de honte, ni un obstacle à l’éducation. Aucune jeune fille ne devrait manquer l’école ou perdre confiance en elle à cause de cette réalité biologique. Parler de gestion de l’hygiène menstruelle, c’est parler de santé, d’éducation, d’égalité des chances et surtout de dignité humaine », a-t-elle conclu.
La cérémonie s’est achevée par une remise de kits hygiéniques aux élèves filles, un geste salué par les bénéficiaires, qui y voient une contribution importante à l’amélioration de leur santé menstruelle.


Balla Yombouno




