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Manifestations à Lola : ce qui a déclenché les heurts de lundi

La journée du lundi 8 septembre 2025 a été marquée par de violents affrontements à Lola entre des habitants en colère et les forces de l’ordre. Ces heurts ont causé d’importants dégâts humains et matériels, notamment au marché central et dans plusieurs quartiers de la ville.

Selon des témoignages recueillis sur place, tout est parti d’une nouvelle saisie de carburant « en provenance du Libéria » opérée par les forces de sécurité venues de N’Zérékoré.

« Ce n’est pas la première fois. Les gendarmes et la police viennent régulièrement de N’Zérékoré pour confisquer le carburant sous prétexte qu’il vient du Libéria. Les vendeurs se retrouvent perdants à chaque fois. Hier, jour de marché hebdomadaire, ils sont encore venus en force, ce qui a mis la population à bout », explique M. Sylla, témoin des événements.

Face à cette descente jugée abusive, la colère a rapidement gagné les habitants. Toujours selon notre interlocuteur, la tension a dégénéré lorsque les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes en plein marché, provoquant panique et affrontements.

La riposte a pris une tournure violente : une voiture appartenant au commandant d’infanterie a été incendiée et des installations prévues pour accueillir la campagne référendaire ont été saccagées. Les manifestants ont lancé un slogan sans équivoque : « Pas de campagne référendaire demain, pas de référendum chez nous à Lola ».

Contrairement à certaines rumeurs, les incidents n’avaient rien de politique ou d’ethnique. La cause unique reste la récurrente saisie de carburant, devenue un véritable point de tension entre la population et les forces de l’ordre.

« La principale cause, c’est la saisie du carburant. C’est autour de ça que tout a éclaté », insiste M. Sylla.

Pour l’heure, le calme est revenu et les activités ont repris. Mais huit personnes, victimes de suffocation due aux gaz lacrymogènes, sont toujours hospitalisées à l’hôpital préfectoral.

Foromo Fazy Béavogui, depuis N’Zérékoré

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