Le procès de l’artiste Mohamed Saidouba Bangoura, alias Singleton, accusé d’homicide involontaire ayant entraîné la mort d’un sexagénaire, s’est poursuivi ce mardi 9 septembre au tribunal de première instance de Coyah. À l’ouverture de l’audience, le juge a ordonné la comparution du témoin oculaire, Mabinty Touré, afin de livrer sa version des faits.
« Ce jour-là, j’étais chez moi en train de laver la vaisselle, puisque ma maison est proche de la route. J’ai vu passer un pick-up militaire, puis le vieux sur sa moto transportant un sac de riz vers Mafereyah. Soudain, un taxi est venu le renverser. Le vieil homme a tenté de se relever, et moi-même je l’encourageais à se mettre vite debout. C’est à ce moment qu’est arrivé le véhicule de Singleton, qui l’a percuté et traîné sur environ dix mètres. Le vieux est resté coincé sous la voiture de l’artiste », a-t-elle expliqué, enfant au dos.
Selon elle, la foule, témoin de la scène, a été envahie par l’émotion : « On a commencé à pleurer. Je n’ai pas vu le visage du conducteur du taxi qui avait renversé le vieux. Mais le pick-up militaire revenu sur les lieux a extrait le corps de sous la voiture. Le vieux respirait encore difficilement. Certains disaient qu’il allait mourir, d’autres insistaient pour l’évacuer à l’hôpital. Finalement, la voiture de Singleton a suivi le pick-up qui transportait le vieux à l’hôpital de Coyah ».
Interrogée par le juge sur la conduite de l’artiste, Mabinty Touré a soutenu : « Oui, il roulait à vive allure. Sinon, il aurait pu s’arrêter pour éviter l’accident ».
À la question de savoir si la foule avait manifesté une quelconque hostilité contre Singleton, elle a répondu : « Non, nous étions trop préoccupés par l’état du vieux. Personne n’a pensé à s’en prendre à qui que ce soit ».
Répondant aux questions du procureur, le témoin a affirmé que Singleton n’est pas descendu de son véhicule après l’accident : « Il pouvait le faire, mais il ne l’a pas fait ».
À une question de la partie civile sur la présence éventuelle de gardes du corps, elle a confirmé : « Sa voiture était entourée de pick-up et d’éléments des forces spéciales ».
Précisant comment elle avait identifié ces militaires, elle a ajouté : « Je les connais bien, j’ai l’habitude de les voir et je reconnais leurs tenues ».
Sur les accusations de tirs à balles réelles, elle a répondu par la négative, mais a confirmé que des téléphones avaient bel et bien été confisqués.
« Même le téléphone de mon beau-frère a été retiré par les gardes », a-t-elle soutenu.
Les débats se poursuivent devant le tribunal avec l’interrogatoire des différentes parties.
Aminata Camara




