La tension ne retombe pas entre Dakar et Rabat après les incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Jeudi dernier, la justice marocaine a condamné 18 supporters sénégalais à des peines allant de trois mois à un an de prison, à la suite des troubles enregistrés au stade Stade Moulaye Abdallah.
Plus d’un mois après les faits, et près d’un mois après sa visite de travail au Maroc, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko est sorti de son silence.
S’exprimant ce mardi 24 février 2026 devant les députés de l’Assemblée nationale du Sénégal lors d’une séance de questions d’actualité, le chef du gouvernement a affiché sa désolation.
« Nous avons vraiment fait tout ce qui était en notre pouvoir. Mais cette affaire dépasse le cadre du sport, il faut le dire clairement. Au vu des relations entre les deux pays, cela ne devrait pas se passer ainsi », a-t-il déclaré.
Visiblement affecté par l’évolution du dossier, Ousmane Sonko a dénoncé une situation qu’il juge disproportionnée : « Nous sommes profondément déçus et nous le dénonçons, car le sport est indissociable de la passion ».
Pour étayer son propos, le Premier ministre a rappelé un précédent survenu lors des Jeux olympiques en France, où des supporters marocains avaient envahi un stade, provoquant l’interruption d’un match pendant près de deux heures, avant une reprise à huis clos.
« Pourtant, je n’ai pas appris que des supporters marocains aient été condamnés à un an ou à six mois d’emprisonnement », a-t-il fait remarquer, estimant que l’esprit de coopération entre deux pays amis n’a pas prévalu dans cette affaire.
Sans exclure la voie judiciaire, Ousmane Sonko a cependant adopté un ton mesuré quant à un éventuel appel.
« Si tout se déroule conformément aux règles, c’est-à-dire si la procédure respecte les principes d’un procès équitable, il faudrait alors se demander s’il est réellement opportun de faire appel », a-t-il souligné.
Le chef du gouvernement sénégalais a également évoqué deux pistes diplomatiques : la grâce royale ou le transfèrement des détenus vers le Sénégal.
« Si le Maroc gracie les détenus, c’est une bonne chose. Dans le cas contraire, nous avons des accords en vigueur qui nous permettent de demander leur transfèrement afin qu’ils puissent purger leur peine ici », a-t-il indiqué devant la représentation nationale.
Au-delà du sport, c’est désormais sur le terrain diplomatique que se joue la suite du dossier.
N’Famoussa Siby


