Alors que des inquiétudes persistent autour de la situation à la frontière entre la Guinée et le Liberia, les autorités libériennes tentent de rassurer l’opinion publique. Dans un communiqué publié mardi 10 mars 2026 à Monrovia, le gouvernement affirme avoir « pris la pleine mesure de la situation qui se déroule le long de la frontière entre le Liberia et la Guinée » et assure qu’il travaille activement pour éviter toute escalade.
Selon le ministère libérien de l’Information, la question est actuellement traitée « par le biais des canaux diplomatiques établis », avec pour objectif de garantir que les tensions soient réglées « pacifiquement et dans l’esprit de bon voisinage qui a longtemps caractérisé les relations entre ces deux nations sœurs ».
Dans le cadre des efforts de désescalade, une rencontre importante s’est tenue le dimanche 8 mars 2026 à Guéckédou. Le ministre guinéen de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, le général Ibrahima Kalil Condé, à la tête d’une importante délégation, y a reçu une mission gouvernementale libérienne conduite par le ministre des Affaires intérieures.
La délégation libérienne comprenait également plusieurs hautes personnalités, dont le chef d’état-major général des armées du Liberia, signe de l’importance accordée par Monrovia à la gestion de cette crise frontalière.
Pendant plusieurs heures, les deux parties ont « passé au peigne fin les différents aspects de cette crise », avec pour objectif « d’en comprendre les origines et d’identifier une solution consensuelle ».
Face aux nombreuses informations qui circulent autour de cette situation, le gouvernement libérien appelle ses citoyens à la prudence. Dans son communiqué, il invite particulièrement les habitants des zones frontalières à « respecter la loi et se fier uniquement aux informations vérifiées provenant des sources officielles du gouvernement ».
Les autorités mettent également en garde contre la propagation de rumeurs, soulignant que la diffusion d’informations non vérifiées peut « créer une peur ou des malentendus inutiles » au sein de la population.
La frontière entre la Guinée et le Liberia reste une zone stratégique où les populations entretiennent d’importants échanges économiques et sociaux. Dans ce contexte, Monrovia affirme rester « déterminé à résoudre toutes les questions par le dialogue pacifique et la diplomatie », conformément à sa politique étrangère visant à préserver des relations amicales avec les pays voisins de la région.
La tension frontalière entre la Guinée et le Liberia, dans la région de Kiéssènèye à la frontière entre Gueckédou et Foya, est née d’une opération d’extraction de sable dans le fleuve Makona, qui a eu lieu entre fin février et le début mars. Le ministre guinéen avait toutefois dénoncé ce qu’il qualifie d’occupation illégale d’un site situé sur le territoire guinéen.
N’Famoussa Siby




