Décédé le mercredi 8 avril 2026 à la suite d’un accident de circulation à Mamou, le magistrat Mohamed Bangoura a été honoré par la famille judiciaire de Guinée lors d’une cérémonie émouvante, ce jeudi 9 avril, à la cour d’appel de Conakry. Parents, amis et collègues de celui qui était jusqu’alors procureur près le tribunal de première instance de N’Zérékoré se sont mobilisés pour marquer cette journée de deuil.
Dans son allocution, le grand frère du défunt et représentant de la famille Bangoura, visiblement abattu, a rappelé les valeurs de l’homme avant d’adresser ses remerciements à l’ensemble de la communauté judiciaire.
« Son départ brutal, à la suite d’un accident de la circulation à Mamou, laisse en nous un vide immense et une douleur que le mot peine à exprimer. Au-delà du magistrat exemplaire, nous pleurons un frère, un fils, un homme de cœur, profondément attaché au sien, toujours disponible pour les autres. Nous remercions sincèrement ses collaborateurs du ministère de la Justice pour cet hommage, qui témoigne de l’estime et du respect qu’il inspire. Cher frère, ton souvenir restera à jamais gravé dans nos cœurs. Ton sens du devoir et ton engagement continueront de nous inspirer », a déclaré Mohamed Saliou Bangoura.

Le représentant de l’Association des magistrats de Guinée, Sekou Kaba, a rappelé la succession de décès qui a bouleversé l’appareil judiciaire du pays, avant de livrer un témoignage émouvant.
« C’est dans l’exercice de cette noble et exaltante mission, tel un soldat au front, qu’il est rappelé à Dieu ce 8 avril 2026, nous laissant dans une tristesse indescriptible. Nous ne perdons pas seulement un magistrat compétent, nous perdons une conscience. Il a toujours incarné avec abnégation les valeurs de notre institution. Ce serviteur de la justice était un modèle pour nous. Magistrat de conviction, Mohamed Bangoura a toujours cherché, avec rigueur et humilité, à appliquer la loi en équilibrant la fermeté nécessaire et la compréhension humaine. Il a servi cette justice avec un dévouement exemplaire, et ses œuvres resteront gravées dans nos mémoires », a-t-il dit.
Pour sa part, le représentant du Barreau de Guinée, Me Amadou DS Bah, a salué la bravoure et la détermination du magistrat dans l’exercice de ses fonctions.
« Mohamed Bangoura était un magistrat de valeur. Le Barreau salue en lui un homme de rigueur, de responsabilité et de respect des droits de la défense. Aujourd’hui, au-delà du magistrat, c’est un époux, un père, un pilier familial qui s’en est allé. À sa famille durement éprouvée, à son épouse, à ses enfants, aux gardes des sceaux, aux magistrats, avocats, greffiers, notaires et huissiers, l’ensemble du Barreau adresse ses condoléances les plus sincères et exprime sa profonde compassion », a-t-il souligné.

Le représentant du ministère de la Justice, Abdoulaye Baldé, a également rappelé les valeurs du magistrat au sein de la communauté judiciaire et déploré son départ prématuré.
« Nous partageons pleinement la peine de cette famille, car la disparition de ce magistrat constitue une perte inestimable pour la justice de notre pays. Si sa carrière n’a duré que huit ans, elle a été pleinement remplie. Durant cette période, il a incarné avec dignité les valeurs cardinales de la magistrature : intégrité, indépendance, probité et sens élevé du devoir…Au nom du Garde des sceaux, j’invite l’ensemble des acteurs du système judiciaire à honorer sa mémoire en poursuivant avec détermination le combat pour une justice indépendante, accessible et équitable pour tous », a-il indiqué.
Après la cérémonie, la dépouille de Mohamed Bangoura a été conduite à Dubréka, dans la sous-préfecture de Tanènè, où il reposera désormais.
Pour rappel, Mohamed Bangoura est né le 4 avril 1986 à Conakry. Marié et père de cinq enfants, il a réussi le concours d’accès à la magistrature en 2016. Il a successivement occupé les postes de substitut du procureur près le tribunal de première instance de Pita (2019), de substitut du procureur près le tribunal de première instance de Kaloum (décembre 2021), de substitut du procureur près le tribunal de première instance de Kindia, puis de substitut spécial à la CRIEF, avant d’être nommé procureur de la République près le tribunal de première instance de N’Zérékoré en février 2026.
Aminata Camara




