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La liberté de la presse est « très souffrante » en Guinée, alerte Makan Soumaoro

À l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, le constat est alarmant pour les professionnels des médias en Guinée, notamment dans le secteur privé. Depuis N’Zérékoré, la secrétaire régionale du Syndicat des Professionnels de la Presse de Guinée (SPPG) en Guinée forestière, Makan Soumaoro, tire la sonnette d’alarme.

Interrogée par notre correspondant, la journaliste d’Espace FM n’a pas mâché ses mots. Pour elle, la situation actuelle de la liberté de la presse est tout simplement préoccupante.

« On constate qu’aujourd’hui, la liberté de la presse est très, très souffrante en Guinée. Elle est en phase de détresse », a fustigé Makan Soumaoro.

Malgré les efforts des journalistes de la région forestière, les conditions de travail restent difficiles. Selon elle, les professionnels des médias privés de l’intérieur du pays sont largement marginalisés lors des activités officielles. Les autorités privilégient, dit-elle, les journalistes de la capitale, reléguant au second plan les talents locaux.

Poursuivant, la syndicaliste a également dénoncé les obstacles liés à l’accès à l’information.

« Dans le cadre du travail par rapport aux interviews, avec certaines autorités, l’accès à l’information aujourd’hui est devenu très difficile parce qu’il y a le silence des autorités. Parce que tout le monde a peur aujourd’hui de parler. Chose qui met les journalistes dans un autre état. Les gens doutent de se prononcer alors que les journalistes ont envie d’aller chercher des informations sûres. Et si les gens se réservent de donner l’information, ça rend la tâche très difficile aux journalistes », a-t-elle martelé.

À ces difficultés s’ajoutent des pressions croissantes. Les journalistes, affirme-t-elle, sont régulièrement confrontés à des menaces et des intimidations.

« Au-delà de ça, les journalistes sont souvent victimes de menaces, d’intimidations et cette pression sociale paralysie l’accès à l’information pour des sans voix », a-t-elle souligné.

S’appuyant sur le dernier rapport de Reporters sans frontières (RSF), Makan Soumaoro s’inquiète également du recul de la Guinée dans le classement mondial de la liberté de la presse.

« J’ai vu le classement de Reporter Sans Frontière qui a fait le dernier classement, il a publié le jeudi que la Guinée a perdu 8 places et se situe désormais au 111ème rang sur 180 pays aujourd’hui, donc avec un score de 48,45. Vous voyez comment la liberté de la presse a dégringolé ? », s’est-elle interrogée.

Pour la journaliste, cette dégradation est la conséquence directe des arrestations, détentions et disparitions forcées de journalistes, mais aussi de la suspension répétée de médias, devenue selon elle une pratique courante.

Elle insiste également sur l’autocensure grandissante dans le traitement de l’information. Par crainte de représailles, de nombreux journalistes hésitent désormais à traiter certains sujets sensibles.

« La fermeture des grands médias, tout ça prouve que la Guinée est en train de reculer. Et ça, c’est une mauvaise image pour le pays »,  s’est-elle indignée.

Face à ce qu’elle qualifie de violation grave de la liberté de la presse, Makan Soumaoro lance un appel direct aux autorités guinéennes :

« Tout ce que je demande aux autorités, c’est de libérer les médias. De laisser les journalistes travailler sur le plan professionnel. De laisser les journalistes traiter l’information comme il le faut; d’arrêter d’intimider les journalistes; de cesser de les menacer. Parce qu’ils sont dans l’exercice de leur métier. Avec tout ça, est-ce que l’on peut se dire que l’importance de la liberté de l’expression est respectée ? », s’est-elle interrogée.

Enfin, elle invite également les professionnels des médias à faire preuve de responsabilité.

« À certains journalistes, je dis vraiment de respecter l’éthique et la déontologie de ce métier. De travailler dans les règles de l’art », a lancé Makan Soumaoro.

Foromo Fazy Béavogui, depuis N’Zérékoré

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