Dans un contexte de choc sécuritaire sans précédent, le président de la transition malienne, Assimi Goïta, reprend en main le portefeuille de la Défense, quelques jours seulement après la mort brutale du général Sadio Camara.
Neuf jours après la disparition tragique du ministre de la Défense, emporté dans une série d’attaques coordonnées, les autorités de transition ont opté pour la concentration des leviers militaires entre les mains du chef de l’État.
Par décret rendu public le 4 mai à la télévision nationale, Assimi Goïta a été officiellement investi des fonctions de ministre de la Défense et des Anciens combattants. Une décision lourde de sens, qui traduit la gravité de la situation sécuritaire et la volonté du pouvoir de garder un contrôle direct sur l’appareil militaire.
Ces offensives, menées conjointement par des groupes jihadistes et des rebelles séparatistes, ont visé plusieurs positions stratégiques du régime militaire, notamment à Bamako, Kati, Kidal, Sévaré et Gao.
Parmi les groupes impliqués figurent le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, ainsi que le Front de libération de l’Azawad, coalition séparatiste à dominante touareg. Une alliance circonstancielle qui accentue les inquiétudes sur l’évolution du conflit.
Pour l’épauler, le général Oumar Diarra, ancien chef d’état-major général des armées, a été nommé ministre délégué auprès du ministère de la Défense.
Alors que le Mali reste plongé dans une instabilité persistante depuis 2020, ce nouveau tournant institutionnel souligne l’ampleur des défis sécuritaires auxquels fait face le régime. Entre pression jihadiste, revendications indépendantistes et fragilité politique, la transition malienne entre dans une zone de fortes turbulences.
N’Famoussa Siby




