L’attaque survenue dans la nuit de dimanche à lundi dans la sous-préfecture de Lainé, à Lola, continue de susciter une vive indignation. Au total, 41 veaux ont été abattus dans un parc à bétail, dans des circonstances particulièrement violentes. Dépêché sur les lieux, le directeur préfectoral de l’élevage de Lola n’a pas caché son indignation face à ce qu’il qualifie de véritable acte de barbarie.
Informé aux environs de 11 heures par le préfet, puis par le commandant de la gendarmerie de Lola, il s’est immédiatement rendu sur place avec une équipe sécuritaire pour constater les faits.
« Le constat était réel : tous les animaux étaient abattus. On a trouvé au moins 42 têtes abattues dans cette localité, dans un parc appartenant à un certain Sangaré. Et les animaux étaient abattus par des coups de fusil et de machettes. On a tout constaté là-bas », a affirmé N’Yèpou Na Doré.
Sur le terrain, les premières observations ont conduit les autorités à s’interroger sur les motivations d’un tel acte. Le directeur préfectoral évoque notamment un différend foncier entre le propriétaire du terrain et un certain Benjamin Haba.
Poursuivant les investigations, l’équipe a également cherché à comprendre les circonstances de l’installation des éleveurs dans la zone, afin de situer les responsabilités.
« Ce qu’on a constaté sur le plan technique, c’est qu’à côté de ces parcs, on n’a vu aucun champ, aucune culture née de ce côté, aucun domaine de culture. Mais on a vu que, réellement, c’était une simple provocation. Et la gendarmerie a mené ses enquêtes préliminaires par rapport aux indices, où on avait déjà trouvé des rouleaux de grillage dans certains bâtiments là-bas. On a récupéré 19 rouleaux de fil barbelé. Et il a été porté à notre connaissance que c’est avec ça que l’éleveur était en train de construire son parc. Mais ce qui est à signaler, c’est que les animaux abattus étaient tous dans un parc très bien fait. C’est là-bas même qu’on les a ramassés », a-t-il révélé.

Face à la gravité des faits, les autorités locales ont rapidement lancé une alerte auprès des responsables communautaires afin de prévenir toute escalade.
« Nous sommes venus voir le président du district, comme on appelle le PDS, ainsi que le conseiller, le président de la jeunesse et les notables. Nous leur avons fait comprendre que la tuerie qui a été faite dans cet endroit, c’était quelque chose fait de façon volontaire, puisqu’aucun champ n’a été détruit à cet effet. Et ces faits ne resteront pas impunis », a averti le directeur.
De leur côté, les autorités communales rejettent toute implication. Contacté par notre correspondant, le vice-président de la délégation spéciale de Lainé a livré sa version des faits.
« Avant-hier, on a vu quatre bouviers accompagnés de leurs tuteurs. Ils auraient été attaqués dans leur parc à 2 heures du matin, ligotés, leur cabane brûlée et les animaux, des veaux, abattus. Donc, la mission préfectorale s’est annoncée à 15 heures et nous nous sommes rendus sur les lieux, où nous avons trouvé effectivement des veaux attaqués dans des enclos, mais abattus au nombre de 41 », a fait savoir Sékou Bangaly Camara.
Visiblement préoccupé par la situation, il appelle à faire toute la lumière sur cette affaire.
« Nous sommes prêts. Il faut que la vérité soit dite, il faut que les réalités soient mises en relief, parce que ça fait peur, ça fait peur, c’est vraiment un carnage », s’est-il inquiété, avant de se désolidariser de toute action violente.
« Si cela s’est passé, moi, je n’ai pas été associé et je n’en sais rien par rapport à ça. Depuis que j’ai pris le service, personne ne m’a appelé pour me parler d’un tel comportement », a-t-il démenti.
Selon N’Yèpou Na Doré, le préfet de Lola a donné des instructions fermes afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire, avec pour objectif l’identification, l’arrestation et le jugement des auteurs de cet acte.
Foromo Fazy Béavogui, depuis N’Zérékoré




