Une initiative inédite vient d’être lancée en Guinée pour renforcer l’accompagnement psychologique des victimes de violences basées sur le genre (VBG). Porté par l’University College London, en collaboration avec l’UNFPA Guinée, le programme a été présenté à l’ambassade de Grande-Bretagne à Conakry, sous le leadership de la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités.
Le projet ambitionne de proposer des méthodes adaptées aux réalités locales afin d’aider les survivantes à surmonter les séquelles psychologiques liées aux violences. Les initiateurs misent notamment sur des techniques thérapeutiques permettant aux victimes d’extérioriser leurs traumatismes et de retrouver progressivement une stabilité émotionnelle.
Pour Anita Akumiah, représentante de l’UNFPA Guinée, les conséquences psychologiques des violences restent encore largement sous-estimées.
« Un jeune sur trois victime des VBG risque de développer un trouble de stress post-traumatique. Le projet que nous lançons aujourd’hui propose une solution innovante et adaptée à nos réalités : la thérapie d’exposition narrative et son expansion communautaire, NETfacts. La NET n’est pas une thérapie complexe réservée aux cliniques spécialisées. C’est une approche brève qui permet de transformer les souvenirs traumatiques en un récit de vie cohérent », a-t-elle indiqué.

L’ambassadeur de Grande-Bretagne en Guinée Daniel Shepherd a, lui aussi, insisté sur la nécessité de renforcer l’accès aux soins psychologiques pour les personnes affectées par les violences.
« Les survivantes et survivants de violences font face à un accès très limité aux services de santé mentale, malgré des besoins considérables. C’est précisément là que ce projet innove », a-t-il souligné.
Cette initiative est également saluée par les organisations locales engagées auprès des victimes. L’Association des victimes, parents et amis (AVIPA), qui intervient depuis plusieurs années dans l’accompagnement psychosocial des survivantes à Maférinyah, estime que ce programme arrive dans un contexte où les besoins deviennent de plus en plus importants.
« Par le passé, nous avions mené des activités similaires, notamment à travers la cartographie corporelle que nous mettons jusque-là en place au centre des survivantes de Maférinyah. Cette initiative vient à point nommé parce qu’elle fédère les acteurs impliqués dans cette prise en charge », a déclaré Souleymane Camara.

Les autorités guinéennes ont également réaffirmé leur volonté de renforcer les mécanismes de protection des victimes de violences. La ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Patricia Lamah, a rappelé les efforts déjà engagés à travers la mise en place de structures spécialisées dans la prise en charge des survivantes.
« Le guichet unique de prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre à Dubréka constitue aujourd’hui une avancée importante dans notre dispositif national de protection. Ce centre offre aux victimes une prise en charge intégrée, regroupant l’accompagnement médical, psychosocial, juridique et sécuritaire dans un même espace afin de garantir une réponse plus rapide, coordonnée et humaine », a-t-elle souligné.
À travers cette nouvelle dynamique, les partenaires espèrent élargir l’accès aux soins psychologiques et contribuer à une meilleure prise en charge des survivantes, aussi bien à Conakry qu’à l’intérieur du pays.




