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PRESIDENTIELLE 2020 : et si on faisait un peu de fiction ?

C’est une hypothèse qui relève du scénario le plus improbable. L’idée en soi étant totalement inenvisageable sur la foi de ce qu’il nous est aujourd’hui donné de voir. Mais puisqu’avec la fiction, il est permis d’envisager tout et n’importe quoi, imaginons un scénario dans lequel Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo auraient un deal autour de la prochaine présidentielle. Deal qui expliquerait que le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et certains cadres du parti consentent finalement, contre la logique et le bon sens, à prendre part à l’élection du 18 octobre, en dépit du fait que le Chef de l’Etat, lui aussi prend part à la même compétition pour briguer un troisième mandat. Imaginons un tel arrangement, un peu à l’instar de celui que Joseph Kabila avait noué avec Félix Tshisekedi à la faveur de la dernière présidentielle en République démocratique du Congo (RD Congo). Il est vrai que le fait même d’entrevoir une telle possibilité relève d’une certaine folie. Mais il faut admettre que certains agissements de nos acteurs politiques défient la raison. C’est du moins l’excuse derrière laquelle je voudrais m’abriter.

A l’origine de cette fiction, une question. Qu’est-ce qui peut expliquer que l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et Cellou Dalein Diallo en particulier, veuillent participer à l’élection présidentielle de 2020, me suis-je demandé ? Pour un parti politique comme l’UFDG qui a déjà perdu les échéances électorales de 2010 et 2015, on va à un scrutin avec l’objectif de l’emporter. D’autant que dans le cas d’espèce, le parti est bien capable d’atteindre un tel objectif, au regard de l’électorat massif qu’il draine dans son sillage. Mais pour cela, les conditions de transparence et d’équité doivent, elles aussi, être réunies. Seulement, ces conditions-là, tout le monde le sait, ne sont point réunies. Il faut souffrir de cécité ou être de mauvaise foi pour ne pas l’admettre. Et Cellou Dalein, mieux que quiconque, doit certainement le savoir. La Guinée est loin de ressembler au Sénégal. Cela aussi, personne n’en doute.

Ainsi, d’une part, les chances que l’UFDG remporte la présidentielle du 18 octobre sont minces. D’autre part, le parti, en allant à ces élections, écorne son image en cautionnant de fait le troisième mandat du président Alpha Condé. Au-delà, se pose la question de la cohérence dans la démarche de l’UFDG. D’un côté, le parti a été un des plus actifs dans la contestation de la nouvelle constitution dont se prévaut le chef de l’Etat pour s’offrir un mandat de plus. Répondant aux nombreux appels à manifestation lancés par le parti, des citoyens y ont laissé la vie, d’autres estropiés pour le restant de leur existence. Qu’après tant de sacrifices, le parti choisisse néanmoins d’aller affronter dans les urnes le président Alpha Condé, admettons que la logique n’y est pas. Et puis, il y a les principes. ‘’Un parti politique, c’est fait pour conquérir le pouvoir et le conserver’’, c’est la définition lapidaire qui nous est servie ces derniers temps à tout-bout-de-champ. Mais franchement, cela reste réducteur. Au-delà de la conquête et de la conservation du pouvoir qui relèvent davantage de la conception de Machiavel, il y a les principes et des valeurs. Contrairement à ce qu’on peut penser, la politique, ce n’est pas systématiquement l’antithèse des valeurs. Ainsi donc, on peut bien renoncer au pouvoir, pour faire valoir des principes et des valeurs. Tout ça pour dire qu’en renonçant aux prochaines élections, il y a bien des risques que Cellou Dalein Diallo ne puisse jamais parvenir au pouvoir. Mais ces risques sont les mêmes avec sa participation. La différence étant qu’avec sa participation, il bafoue aussi au passage les principes.

Bref, après cette digression, récapitulons ! En allant à la présidentielle de 2020, Cellou Dalein n’a aucune garantie de l’emporter. Par contre, il a déjà la certitude d’y laisser des plumes en termes d’image. Qu’est-ce qui peut donc le décider à y aller quand même ? Et c’est là qu’intervient l’hypothèse du deal …improbable. Dans ce deal-là, que gagnerait Alpha Condé ? La légitimation de son troisième bail par son plus farouche des opposants. Et que gagnerait Cellou Dalein Diallo à son tour ? L’engagement qu’au lendemain de la présidentielle, une fois que les choses se seront calmées, Alpha Condé va dissoudre l’Assemblée nationale pour convoquer des législatives et permettre ainsi à la vraie opposition de rejoindre l’hémicycle. Il est vrai que pour le président de l’UFDG, cela ne voudra pas dire grand-chose. Par contre, avec un minimum d’une trentaine de députés à l’Assemblée nationale, cela permettra au parti de continuer à exister. Quant à Alpha Condé, ce sera pour lui l’occasion de rendre la pièce de sa monnaie au trop pressé Amadou Damaro Camara. Et surtout, il pourra au passage s’en servir pour normaliser son régime en conférant au parlement la caution d’inclusivité qui lui manque aujourd’hui. Et pour lui, ce sera d’autant plus facile qu’il pourra invoquer le nouveau découpage électoral qui, de facto, influencera le nombre de députés au parlement.

Mais rappelons que tout cela relève d’une fiction sortie de la tête de quelqu’un qui ne comprend rien à rien. Aussi, autant l’oublier tout de suite !

Boubacar Sanso BARRY

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