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MASSACRE DE ZOGOTA : les victimes réclament leur indemnisation par l’Etat guinéen

Quelques semaines après la condamnation de l’Etat guinéen par la Cour de justice de la CEDEAO, à la suite d’une plainte dont elle avait été saisie par les victimes du massacre de Zogota, les avocats de ces victimes étaient dans la matinée de ce mercredi 23 décembre devant la presse pour relayer les demandes pressantes de leurs clients en vue de leur indemnisation. Mettant l’occasion à profit les avocats sont revenus sur l’historique du massacre en question avec un accent sur les crimes et dommages qui en avaient résulté. Ils ont également donné d’amples détails au sujet de la décision de la Cour de justice de la CEDEAO. Et si dans une sortie médiatique à la télévision nationale, l’avocat de l’Etat a récemment annoncé un recours, les avocats des victimes, pour leur part, promettent de se battre jusqu’au bout pour que les droits leurs clients soient reconnus.

En vertu du verdict rendu le 10 novembre dernier par l’instance judiciaire sous-régionale, l’Etat guinéen se voyait condamné au versement de 4,56 milliards GNF aux victimes de l’odieux massacre de Zogota de 2012, et ce dans un délai ne devant pas excéder six mois.

Au cours de la conférence de presse de ce mercredi, Me Foromo Frédéric Loua, du collectif des avocats des victimes, a rappelé que c’est après avoir épuisé toutes les voies internes que les victimes ont fini par se tourner vers la juridiction sous-régionale. Car au regard de l’ampleur des préjudices, il n’était pas question non plus de laisser tomber. « En désespoir de cause, après 6 ans, nous avons été obligés de nous tourner vers la Cour de justice de la CEDEAO pour demander justice au regard de la gravité des faits, parce que les forces qui sont censées nous protéger ont investi un village nuitamment et ont tiré à bout portant sur les paysans, incendié les cases et torturés les citoyens », explique-t-il.

Quant à lui, Me Pépé Antoine Lamah, également membre du collectif des avocats des victimes, il détaille la décision de la Cour de justice de la CEDEAO condamnant l’Etat guinéen. A l’en croire, cette dernière a tout d’abord reconnu la Guinée « coupable de violation du droit à la vie, du droit de ne pas être soumis à la torture, aux traitements cruels, inhumains et dégradants, du droit à ne pas faire l’objet d’arrestations arbitraires, du droit à un recours effectif ». En conséquence, poursuit-il, la Cour a ensuite « condamné l’Etat de la république de Guinée au paiement de la somme de 160 millions GNF à chaque famille des 6 personnes qui ont succombé suite à ce massacre, ce qui faisait une somme globale de 960 millions GNF ». Enfin, souligne-t-il également, « par la suite, la Cour a alloué à chacune des victimes qui a fait l’objet de torture, d’arrestation arbitraire et de violation à un recours effectif, la somme de 240 millions. Ce qui fait pour toutes les victimes, la somme 4,56 milliards ».

L’instance de la sous-région ayant assorti sa décision d’un délai de six mois au terme duquel l’Etat guinéen est censé déposer un rapport d’exécution de sa décision, les avocats disent ne pas exclure le recourt aux mécanismes de sanction prévus par la même juridiction, si jamais l’Etat guinéen ne s’exécutait pas.

Pour sa part, le représentant des victimes, Kpakilé Gnédawako Kolié, saluant la bataille menée par les avocats, a déclaré : « nous n’avons rien d’autre à demander à l’Etat guinéen, si ce n’est lui demander de respecter la décision de cette justice issue de la CEDEAO, et de poursuivre vigoureusement tous les commanditaires de ces massacres »

A noter que les avocats ont rappelé que depuis que 10 personnes dont 6 hauts commis de l’Etat, ont été incriminées à la suite d’une ordonnance de transmission des faits au parquet du tribunal de première instance de Kankan le 10 décembre 2014, le procès n’a toujours pas pu s’ouvrir en Guinée. D’où la saisine de la cour de justice de la CEDEAO le 19 octobre 2018.

Hawa Bah

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