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KALOUM : plusieurs conducteurs de taxis-motos arrêtés et soumis au paiement d’une amande de 220 000 francs guinéens

L’interdiction faite aux conducteurs des taxis-motos de circuler au centre-ville de Kaloum est entrée en vigueur ce jeudi 6 mai 2021, conformément au communiqué publié hier par la Direction générale de la police nationale. Déjà, plusieurs conducteurs ont été mis aux arrêts et conduits au Commissariat spécial de la police routière de Kaloum, où une amande passant de 120 000 à 220 000 francs guinéens leur est infligée.

Tôt ce matin, les agents de la police routière de Kaloum, appuyés par ceux de la CMIS, sont entrés en « guerre » avec les conducteurs de taxis-motos qui n’ont pas respecté la décision interdisant leur circulation au centre-ville de Conakry. Les pickups des forces de l’ordre sont stationnés à tous les carrefours où les taxis-motos avaient leurs habitudes, et les agents dispersés dans les environs.

Mais malgré la discrétion des conducteurs des taxis-motos, la police a réussi à mettre les grappins sur plusieurs d’entre eux, en leur retirant les clés et les papiers de leurs engins, parfois avec brutalité. Direction le Commissariat spécial de la police routière de Kaloum, où ils sont soumis au paiement d’une amande qui est passée de 120 000 (avant le communiqué de la veille) à 220 000 francs guinéens, selon les témoignages de plusieurs jeunes ayant fait l’amère expérience.

« J’étais arrêté devant un feu de signalisation. Quand le feu est passé au vert, le temps pour moi de bouger, un policier est venu se jeter sur ma moto, a retiré la clé et m’a poussé à me lever de l’engin. Après il m’a dit que la circulation des taxis-motos est interdite dans la commune et sanctionnée au paiement d’une amende de 220 000 francs guinéens. Et comme je n’avais rien sur moi, lui et ses collègues m’ont conduit à la fourrière », a confié au Djely Mohamed Camara qui dit être venu pour la première fois à Kaloum en tant que conducteur de moto-taxi.

Un témoignage corroborer par Aboubacar Sylla qui a également vu sa moto immobilisée par les policiers au carrefour Teminetaye, assurant qu’il ignorait l’interdiction. « J’étais sur ma moto avec un client, en provenance de Coleah pour le centre-ville. C’est au carrefour de Teminetaye qu’on m’a arrêté pour m’informer que les taxis-motos sont désormais interdits de circulation à Kaloum. Et une fois à la fourrière, on m’a demandé de payer 220 000 francs guinéens », a confirmé le jeune homme, interrompu dans l’interview par l’appel d’un lieutenant du commissariat spécial de la police routière de Kaloum.

« L’Etat ne nous crée pas des emplois, maintenant il nous interdit de conduire les taxis-motos »

Cette décision de la Direction générale de la police nationale est perçue par les conducteurs des motos-taxis comme une volonté de les mettre au chômage. « Cette décision, nous ne l’approuvons pas. L’Etat refuse de nous créer des emplois, et maintenant il nous interdit de conduire les taxis-motos. C’est décision, c’est pour nous mettre au chômage. Ceux qui sont immobilisés et conduits à la fourrière, on leur fait payer 220 000 francs guinéens. La Direction générale de la police nationale fait ça pour appauvrir les conducteurs de taxis-motos », dénonce Alpha Sow, conducteur de taxi-moto au centre-ville de Conakry.

Joint au téléphone par Ledjely.com, le président de l’Union des taxis-motos de Kaloum, a déclaré ne pas comprendre les raisons de cette (nouvelle) interdiction prise à l’encontre des taxis-motos. « Personnellement, je ne  sais pas encore  les motifs valables de cette nouvelle décision, parce que c’est depuis 2016 que cette interdiction a été faite, sans être appliquée. On s’attendait à la levée de cette décision. Voilà le contraire aujourd’hui. Je suis en contact avec certains conducteurs de taxis-motos dont les engins ont été conduits à la police routière, je vais là-bas pour avoir plus d’informations », a déclaré Amara Seto Camara.

Du côté de la police, on se contente du contenu du communiqué publié hier, mercredi 5 mai 2021. Toutes nos tentatives d’avoir la réaction d’au moins un des policiers qui procèdent à la traque des conducteurs de taxis-motos dans la commune de Kaloum sont restées infructueuses.

Balla Yombouno

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