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IMPOTS : des vendeuses du marché Niger disent leurs vérités aux cadres du Budget

Le dialogue aura été franc et sans filtre. Dans le cadre des Journées du civisme fiscal destinées à sensibiliser les citoyens sur la nécessité de payer les impôts et les taxes, le secrétaire général du ministère du Budget, accompagné d’autres cadres du département, était ce jeudi à la rencontre des vendeuses du marché Niger, dans la commune de Kaloum. L’occasion pour ces dernières de faire part de leurs problèmes et des raisons de leur réticence à payer l’impôt.

Après avoir sagement écouté le discours des autorités, ces femmes dont beaucoup sont les piliers économiques de leurs foyers respectifs, ont pris la parole à tour de rôle, pour se plaindre d’un certain nombre de tracasseries et de paradoxes qui les inclinent à ne pas s’acquitter de l’impôt. Ainsi, selon M’Mamie Sylla, communément appelée M’Mamie Yoka, le tout n’est pas de s’acquitter des impôts et des taxes. « Il revient aussi à l’Etat d’entretenir le marché », martèle-t-elle. Par ailleurs, elle relève une forme d’opacité autour du montant qu’il leur est demandé de payer.  « Qu’ils nous disent combien chaque femme doit payer. Est-ce le montant qui sera payé par un boutiquier est le même qu’une étalagiste ou une marchande ambulante paye », demande-t-elle ? En tout cas, tient-elle enfin à faire remarquer : « Nous payons ce qu’ils nous demandent tous les jours, mais nous vendons dans la plus grande insalubrité. Nous ne pouvons pas payer l’impôt sans savoir combien chaque femme est censée payer par jour ».

Vu qu’à certaines, on demanderait de verser 2000 GNF, alors qu’à d’autres, cette exigence passe à 3000 GNF, les vendeuses du marché Niger disent nager en pleine confusion. En outre, à l’image de M’Mamie, elles se disent prêtent à payer l’impôt, mais en retour elles exigent que la commune veille à l’entretien du marché de manière à ce que leur lieu de travail soit moins sale qu’il ne l’est aujourd’hui. Car la rentabilité de leurs activités en serait fortement dépendante.

Vendeuse de feuilles de patate et de manioc, Fatoumata Camara confie : « Tous les jours, les responsables du marché passent pour nous dire de nous acquitter de nos taxes journalières qui varient entre 1000 et 1500 GNF. Or, ce montant varie pour des raisons que nous ignorons et nous ne savons pas où va cet argent ». Surtout, elle se plaint de l’insalubrité du marché. « Regardez-vous même combien de fois le marché est sale, ça pue un peu partout. Et cela n’encourage pas les clientes, les grandes patronnes à venir faire les achats. Pourtant, ils nous disent que ce montant sert à nettoyer le marché, mais nous ne voyons rien. Alors nous demandons aux autorités d’entretenir le marché parce que nous payons nos impôts », exige-t-elle.

Interpellé sur la question, Mangué Magassouba, chef de section des impôts de Kaloum pointe un déficit d’information ou une confusion de la part de ces femmes. « La perception de ce à quoi ces impôts doivent servir, c’est un problème complexe parce que nous n’arrivons souvent pas à cerner le sens réel des impôts.  Les impôts, on leur a expliqué, ne sont qu’une contrepartie, c’est-à-dire un ensemble de prestations pécuniaires mises à la charge des personnes physiques et morales en fonction de leur capacité contributive. Voilà la partie qui n’est pas bien expliquée aux contribuables.  Il faudrait que la population sache que ce qu’elle contribue va où le besoin se fera sentir », explique-t-il en effet

A la question de savoir ce à quoi servent les montants que les femmes versent chaque jour, il répond : « On confond le droit du marché que nos femmes paient quotidiennement qui est différent de l’impôt proprement dit.  Ce que nous nous prélevons, c’est l’impôt. Il est payé de manière annuelle et est lié à la profession. On peut aussi l’appeler la patente ».

Balla Yombouno 

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