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TRANSITION TCHADIENNE : l’étrange fermeté de l’Union africaine

Quelle mouche a piqué l’Union africaine ? Qui se rappelle de la dernière fois que cette institution a haussé le ton face à un dirigeant africain ? La fermeté que l’instance basée à Addis-Abeba réserve aux responsables de la Transition au Tchad est si singulière qu’on n’en revient pas. Pourtant, les choses sont bien claires. L’UA dit niet à la candidature éventuelle de Mahamat Idriss Deby Itno à la présidentielle devant sanctionner la Transition. Elle n’accorde pas non plus sa caution à la prolongation de la période d’exception. Mais cela risque de ne rien changer à la gestion actuelle du Tchad. D’abord, parce que la position de l’UA rame à contre-courant de celle de la communauté internationale, plutôt complaisante à l’égard des autorités tchadiennes. Ensuite, parce que l’Union africaine semble davantage défendre les intérêts de Moussa Faki Mahamat, président de la commission et potentiel candidat à la succession du président Idriss Déby Itno, tué au combat en avril 2021.

L’Union africaine manipulée ?

Il sera l’un des grands absents de la cérémonie d’investiture – la 2ème – prévue ce lundi 10 octobre à N’Djamena, la capitale tchadienne. Mais Moussa Faki Mahamat, le président de la commission de l’Union africaine, sera dans toutes les têtes. En effet, la singularité de sa position à l’égard des autorités de la Transition au Tchad n’est plus un mystère. C’est ainsi que l’Union africaine est la seule institution qui remet en cause les résolutions du Dialogue national inclusif souverain (DNIS). Alors même que la CEEAC, l’organisation sous-régionale, s’est bornée à prendre acte des conclusions de ce même dialogue. Au-delà, le 10 août dernier, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de ce conclave dédié à la refondation du pays, l’actuel patron de l’UA avait servi un discours dont il avait profité pour subtilement flétrir les prétentions du fils qui veut succéder au père. On peut donc supposer qu’il n’y a pas que le principe qui dicte la position de l’Union africaine. Et que les avis de Moussa Faki Mahamat sur la transition tchadienne sont davantage ceux de l’opposant que ceux du président de la commission.

Complaisance et incohérence

N’empêche qu’avec la complaisance dont elle fait montre à l’égard de Mahamat Idriss Deby Itno, la communauté internationale se révèle une nouvelle fois incohérente et contradictoire. En effet, comment expliquer que Umaro Sissoco Embalo, le président en exercice de la CEDEAO se fasse représenter à la cérémonie d’investiture du président tchadien, alors qu’il presse Mamadi Doumbouya, Assimi Goïta et Ibrahim Traoré de rendre le tablier ? Mohamed Bazoum, le président du Niger, et Macky Sall, le président en exercice de l’Union africaine, ne sont-ils pas eux-mêmes conviés à la même cérémonie ? Comment se fait-il que les deux nouvelles années accordées à Mahamat Idriss Deby Itno ne gênent pas grand-monde, alors qu’ailleurs, on se serait empressé de faire pleuvoir des sanctions ? Serait-ce parce que la France de Macron parraine le régime tchadien ?  Si tel est le cas, c’est qu’on a rien compris aux revendications de la jeunesse africaine. En tout cas, il est étonnant qu’au-delà de la France, l’Union européenne, les Etats-Unis et les Nations unies ne disent pas grand-chose, eux non plus.

Statut spécial

S’il importe de dénoncer le populisme, l’opportunisme et même la légèreté de certaines des revendications de cette jeunesse, nous nous devons d’admettre que la politique du deux poids deux mesures que nous servent nos dirigeants est totalement inacceptable. Rien ne justifie en effet qu’on se montre clément à l’égard du Tchad, et que l’on agite le fouet contre d’autres pays. Le principe doit être impersonnel et s’appliquer de la même façon sur chacun et tous. Le Tchad n’a aucune particularité qui justifierait qu’un statut spécial lui soit accordé. D’ailleurs, si on en est là aujourd’hui, c’est justement parce que le monde entier a usé de la même complaisance à l’égard de Deby père, qui en profité pour régner sans partage sur le Tchad pendant une trentaine d’années. Trente ans durant lesquels tout était verrouillé. D’ailleurs, le fait que l’ancien président ait été tué sur le terrain de bataille en dit long sur ce qu’aura été sa gestion. Et si l’on n’y prend garde, on est parti pour reconduire le même schéma.

Boubacar Sanso Barry

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