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PPROCES DU 28 SEPT : un premier bilan après un mois

Jusqu’au 14 juillet dernier, la tenue du procès sur le massacre du stade du 28 septembre relevait de l’utopie. Et même ce jour-là, quand au cours du conseil des ministres, le président de la Transition, a ordonné au nouveau ministre de la Justice de prendre « toutes les dispositions » pour l’organisation dudit jugement avant la date anniversaire, beaucoup n’y ont pas cru. Les pesanteurs politiques, les défis logistiques et la phobie sécuritaire ont ruiné tellement de promesses en la matière que personne ne voulait plus prendre le risque d’alimenter une autre illusion.  Mais en ce 2 novembre, nous en sommes déjà à plus d’un mois depuis que le procès a commencé. Et c’est l’occasion que nous saisissons pour un premier bilan à mi-parcours.

Dans une sortie précédant l’ouverture du procès, le 28 septembre dernier, le ministre de la Justice estimait à un « an voire plus », le temps que pourrait prendre ce jugement sans précédent dans l’histoire du pays. Après avoir observé la conduite des choses pendant ce premier mois, on est porté à comprendre l’estimation de Charles Wright. En 35 jours en effet, nous n’en sommes qu’au 3ème accusé auditionné. Avant Toumba Diakité, il y a eu le colonel Moussa Tieboro Camara et Marcel Guilavogui. A ce rythme-là, le défilé des 11 mis en cause prendrait au-delà de trois mois. Or, il faut intégrer les confrontations entre accusés, le passage des parties civiles et d’autres témoins dont la comparution pourrait aider à la manifestation de la vérité. Bref, de toute évidence, le marathon ne fait que commencer.

Mais il y a de l’optimisme dans l’air. En tout cas, l’Organisation guinéenne de défense des droits humains (OGDH) apprécie pour le moment « le travail des magistrats » mais aussi celui des avocats pour la « manifestation de la vérité ». L’organisation déplore par contre l’attitude de certains accusés qui « refusent de répondre aux questions des juges et avocats pour aider le tribunal à comprendre ce qui s’est réellement passé lors de ces événements qui ont endeuillé plusieurs familles en Guinée », a confié au reporter du Djely, Alseny Sall, chargé de communication de l’OGDH.  Il espère néanmoins que les victimes pourront obtenir « justice et réparation pour que plus jamais ça en Guinée ».

Du côté des acteurs directement concernés par le procès, Me Pépé Antoine Lamah, du collectif des avocats de Moussa Dadis Camara a regretté tout d’abord le fait que son client ait été placé en détention, en « violation frontale du code de procédure pénale », dénonce-t-il.

Suite à la comparution de l’ancien aide de Camp de Moussa Dadis qu’il assimile à un « spectacle marqué par des versets coraniques qu’il utilise à dessein pour se dédouaner », tout en chargeant l’ancien chef de la junte, l’avocat rétorque que son client reste « serein ». Ne se reprochant rien, Moussa Dadis Camara « viendra livrer sa part de vérité », promet Me Pépé Antoine Lamah. L’avocat qui assure au passage que « cette affaire va révéler plein de choses ».

Quant aux victimes des massacres dont il est question, elles sont partagées entre deux sentiments contradictoires. D’abord, le soulagement de voir le procès s’ouvrir, après une insoutenable attente qui aura duré 13 ans. Ensuite, elles éprouvent une certaine appréhension quant à leur sécurité et aux risques qu’elles courent. « Nous ne sommes pas en sécurité actuellement. Vous avez vu le siège de l´AVIPA a été cambriolé », note l’une d’entre elles.

Le choix de la médiatisation du jugement est également un aspect dont se réjouit l’OGDH. Au-delà de la nécessaire manifestation de la vérité, le procès aurait une dimension pédagogique que la médiatisation aiderait particulièrement à amplifier. « Car ce procès doit servir de leçon pour l’ensemble de nos dirigeants actuels et futurs ainsi que le peuple de Guinée », souligne Alseny Sall. La tendance que les médias ont de relayer instantanément le procès devrait néanmoins s’accompagner d’une « campagne de sensibilisation pour réduire les risques d’effets pervers résultant notamment de propos ethniques tenus durant le procès », rétorque un observateur.

N’Famoussa Siby

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