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SOLDATS IVOIRIENS : à quoi joue Assimi Goïta ?

Considérés comme des « mercenaires » et détenus depuis le mois de juillet dernier à Bamako, les 46 soldats ivoiriens seraient-ils devenus des acteurs d’une tragi-comédie de la part des autorités maliennes ? En tout cas, l’on ne comprend pas cette manie du président de la Transition malien de faire perdurer un faux suspense pour une issue connue d’avance. Qu’ils soient mercenaires ou non, on n’en est plus à ce niveau du débat. Tout le monde sait que le principe de leur libération est quelque chose d’acquis. Bamako ne peut pas faire autrement. Du coup, tous les artifices diplomatico-juridico-souverainistes qui nous sont servis depuis quelques jours ne peuvent qu’être le reflet d’un embarras de la part d’un colonel Assimi Goïta qui se demande comment abdiquer sans perdre la face. Or, tout cela ressemble en réalité à un gros enfantillage qui ne rime pas avec la responsabilité que requiert la gestion d’un Etat.

Bamako joue les fiers

La junte malienne ne trompe personne. Il est évident que l’on s’achemine de manière inéluctable vers la libération des soldats ivoiriens. Et ce sera sans doute en grande partie le résultat de la pression diplomatique exercée par Alassane Ouattara par l’entremise de la CEDEAO. Or, c’est justement ce que le colonel Assimi Goïta et ses camarades ne veulent pas entendre. Ainsi, on devine aisément que si les soldats n’ont pas été relâchés avant le 1er janvier dernier, c’était pour ne pas donner l’impression que les maîtres de Bamako ont cédé à l’ultimatum de l’organisation sous-régionale. Mais comment se fait-il que ce soit justement seulement après cet ultimatum que le procès de la semaine dernière a été organisé. Bamako persiste à jouer les fiers, mais le Mali a conscience qu’il n’est pas dans son intérêt de provoquer un nouveau bras de fer avec la CEDEAO. Il peut ne pas respecter au pied de la lettre le délai exigé par les chefs d’Etat de la sous-région. Mais il ne peut prendre le risque de s’en détourner non plus.

Monter les enchères, pour quelle finalité ?

Le verdict sévère de 20 ans de prison ferme infligé aux 46 soldats au terme d’un procès de seulement 48 heures était manifestement destiné à monter les enchères. Mais pour quelles fins ? On imagine en tout cas que les autorités ivoiriennes ne peuvent pas céder au troc que Bamako proposait, à savoir les soldats ivoiriens contre des opposants maliens basés en Côte d’Ivoire. A la limite, Alassane Ouattara pourrait jouer de son influence auprès de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), en vue de faire passer certaines requêtes venant du Mali. Mais cela ne saurait justifier que l’on tire inutilement en longueur dans ce débat qu’on devrait très vite refermer pour s’attaquer à d’autres préoccupations des populations maliennes, sans doute plus urgentes.

Le chauvinisme, un programme de gouvernance

Justement, faire face à ses responsabilités par rapport aux aspirations légitimes et authentiques des Maliens, c’est ce que la junte veut éviter à tout prix. Il en résulte qu’en réalité, le véritable mobile de ce bras-de-fer entretenu à souhait depuis des mois réside dans le fait que pour les autorités maliennes, le bellicisme et la confrontation sur fond de souverainisme, c’est un programme de gouvernance à part entière. L’instrumentalisation du chauvinisme, c’est ce qui permet à la junte de se maintenir en place. C’est le chiffon à agiter pour empêcher les Maliens de porter leur attention sur les carences du régime. De ce point de vue, les soldats ivoiriens sont une aubaine dont le colonel Assimi Goïta ne se privera que contraint et forcé. Maintenant que la France est partie, une fois que le contentieux avec la Côte d’Ivoire sera refermé, il n’y aura plus de ‘’néo-colon’’ à clouer au pilori. Le risque qui peut en résulter, le locataire du palais de Koulouba en est pleinement conscient.

Boubacar Sanso Barry

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