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La Gouvernance CNRD ou l’impunité institutionnalisée au service d’une mafia juridico-militaire

Ce qui se passe actuellement dans notre pays est d’une aberration totale, même s’il faut y voir, d’une part, les prémisses du salut des populations guinéennes excédées par la gestion catastrophique de la transition en cours et, d’autre part, les derniers atermoiements de la horde d’individus arrogants et incompétents qui font office de dirigeants.

Complètement paniqués à l’idée que les conséquences de leurs discours et actions liberticides les rattrapent inéluctablement, les mafieux ont fait le pari de se protéger mutuellement et de travailler à la préservation de leurs intérêts égoïstes, quitte à tout sacrifier.

Le CNRD qui, au lendemain du 5 septembre 2021, justifiait sa prise du pouvoir par le refus des autorités d’alors de dialoguer avec les forces vives, la nécessité de lutter contre l’injustice et l’arbitraire, la volonté de faire de l’institution judiciaire la boussole de la transition, la fin de l’impunité, de la répression sanglante des manifestations ainsi que des assassinats ciblés, avait réussi à convaincre la plupart des Guinéens et surtout à leur redonner foi dans l’avenir.

À l’occasion des journées de consultation organisées par la junte-les fameux grands-messes-, nombreux étaient les magistrats qui avaient pris la parole pour dénoncer à visage découvert l’inféodation du pouvoir judiciaire au pouvoir exécutif, le clientélisme, les faux procès ordonnés par les gouvernants d’alors dans le seul but de faire taire toutes les voix dissonantes qui ne manquaient aucune occasion de dénoncer la mauvaise gouvernance, la corruption, la confiscation du pouvoir et les violations graves et systématiques des libertés individuelles et collectives.

L’on assista à un véritable harcèlement politico-judiciaire et une instrumentalisation outrancière de l’appareil judiciaire, se traduisant par des poursuites fantaisistes et des exécutions extrajudiciaires.

Ce sombre tableau des dysfonctionnements de la justice dans notre pays m’évoque de manière douloureuse la mémoire de feu Roger Bamba, figure emblématique de la lutte contre le troisième mandat et l’arbitraire en Guinée. Il est mort en prison sans jugement et sans la moindre compassion des autorités de l’époque, laissant derrière lui femme et enfants, une veuve et des orphelins.

Pour exécuter leur sale besogne, le régime d’alors avait cru bon, sur l’exemple du modèle tchadien, de constituer Les Forces Spéciales avec à leur tête le colonel Mamadi Doumbouya.

Ces Forces spéciales avaient pour mission de réprimer, traquer, arrêter et humilier les opposants au régime Condé sous couvert de la lutte contre le terrorisme.

L’histoire retiendra que la réussite du troisième mandat d’Alpha Condé reposait essentiellement sur l’arsenal de répression des forces spéciales chargées d’étouffer toute contestation, y compris au prix du sang des Guinéens.

Retranchées derrière la bannière de la lutte contre le terrorisme comme indiqué plus haut, les forces spéciales étaient en réalité des machines à tuer, détentrices d’un véritable permis de tuer et étaient exemptées de toute reddition de comptes.

Ce qui explique d’ailleurs pourquoi l’impunité a encore de beaux jours devant elle dans notre pays.

L’histoire retiendra aussi que ce sont surtout des magistrats guinéens, présidents des Commissions Administratives de Centralisations des Votes (CACV) qui avaient pour mission de falsifier les procès-verbaux pour faire réélire un octogénaire qui espérait ainsi s’octroyer une présidence à vie.

Arrivé au pouvoir par effraction et obnubilé par le désir de conserver ad vitam aeternam le pouvoir obtenu illégalement, le CNRD ne peut utiliser que ses armes de prédilection à savoir : l’injustice, la répression à tour de bras, les harcèlements, les intimidations et le kidnapping.

Les erreurs du passé sont reproduites avec d’autant plus de vigueur et de zèle qu’il convient aujourd’hui de s’interroger sur les motivations réelles du coup d’état du 5 septembre 2021, surtout lorsque le remède se révèle pire que le mal censé être combattu.

Les forces de défense et de sécurité continuent de tuer les Guinéens dont le seul tort est de réclamer la justice, l’égalité des chances, la démocratie et la jouissance effective des libertés individuelles et collectives que leur garantissent la Charte de la Transition et tous les traités internationaux de protection des droits de l’homme auxquels elle renvoie dans son Préambule.

Pendant ce temps, la justice guinéenne, complice de la tragédie actuelle, continue de regarder ailleurs.

Nous dénombrons à date 26 Guinéens froidement et lâchement assassinés. Des morts pour lesquelles la justice est incapable d’ouvrir des enquêtes indépendantes et impartiales permettant de situer les responsabilités et traduire les auteurs et commanditaires des crimes devant les juridictions compétentes.

Il faut se rendre à l’évidence que le CNRD a échouée et perdu toute légitimité dans la gestion de cette transition.

Par conséquent, il nous faut une transition civile avec un gouvernement civil et d’Union nationale dont la mission sera d’organiser le retour rapide et apaisé à l’ordre constitutionnel, extirper des rangs des forces de défense et de sécurité  les mafieux et les assassins  et enfin, arrêter et juger les magistrats corrompus, les administrateurs territoriaux responsables et complices de la délinquance électorale ainsi que les militaires responsables de tous nos malheurs en arrachant de jeunes et belles âmes à l’affection de leurs familles et proches.

La Guinée de tous les espoirs et de tous les possibles passera inéluctablement par la réhabilitation de la JUSTICE qui aura été tout sauf la boussole de cette transition qui a vendu son âme au diable.

Aux Guinéens d’en tirer toutes les conséquences qui s’imposent et de siffler la fin de la récréation !

 

Souleymane Souza Konaté

Membre du Conseil politique de l’UFDG et conseiller chargé de communication de Cellou Dalein Diallo

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