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Découverte : à la rencontre de Hadjiratou Diallo, conductrice de ‘’Bombonna’’ à Conakry

Bravant toutes sortes de croyances et préjugés, Hadjiratou Diallo, diplômées en sociologie des organisations, conduit son tricycle sans se soucier outre mesure de sa spécificité. Pourtant, il y a chez elle quelque chose dans le fait d’exercer ce métier généralement réservé aux hommes.

A une certaine distance, on le ne le réalise. C’est au fur et mesure qu’on se rapproche de l’engin qu’on en prend conscience. Quand, à la place, on voit que c’est une fille qui appuie sur le bouton d’allumage, manie les pédales et hèle les clients. Quand nous l’avons abordée hier 1er juillet à Lambandji, Hadjiratou nous a confié qu’elle a commencé à conduire le Bombonna depuis 6 mois. Son renvoi de son précédent emploi, elle ne l’a pas supporté. « C’est à cause d’un câble de 10.000 GNF qu’on m’a renvoyée de mon travail dans un restaurant. Quand je suis rentré à la maison ce jour, j’ai beaucoup réfléchi et j’en ai été très affectée. C’est à partir de cet instant que je me suis dit qu’il faut que je fasse quelque chose pour moi-même désormais. C’est comme ça que je me suis retrouvée dans ce métier », relate-t-elle. Elle avoue n’est pas sans obstacle pour une femme. Il y a d’autres filles comme moi qui veulent le faire, mais elles ont peur. Ce que j’ai compris de ce métier là, c’est que si tu n’as pas de courage et de motivation, tu ne pourras pas le faire », nous confie Hadjiratou.

Vingt-cinq ans, la jeune dame, boostée par le désir de surmonter l’expérience malheureuse de son précédent emploi, n’a fait qu’un seul mois d’apprentissage de la conduite. Au début, dit-elle, sa famille notamment sa mère n’était pas d’accord pour qu’elle exerce ce métier. « Mais vu que j’aime le métier et que j’étais résolue à le pratiquer, j’ai réussi à convaincre la famille. Surtout la maman. Je lui ai fait comprendre que je suis capable de faire ce que je veux. C’est ainsi qu’elle a accepté », explique-t-elle.

Et pour le moment, Hadjiratou ne regrette pas son choix audacieux. Roulant tous les jours de 6 heures à 14 heures entre Madina et Sonfonia, elle se fixe un objectif : devenir un jour une conductrice d’engins de poids lourd. Mais en attendant, elle doit faire avec quelques risques. Au nombre des risques, il y a des cas de harcèlement qu’elle essuie de la part de quelques clients et même de policiers qui, désirant sortir avec elle, lui demandent sans cesse son numéro. Mais ces cas, elle a jusqu’ici réussi à s’en défaire avec un certain tact, le souci étant de ne brusquer personne. « Parfois aussi je me fais agresser. Surtout avec les taxis motards. Une fois je me suis disputée avec un d’entre eux, il m’a agressée. C’était vers Hamdallaye », témoigne-t-elle.

Aliou Nasta

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