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Transition : le Bloc Libéral rejette la DGE sous tutelle

Dans une déclaration virulente publiée ce samedi, le Bloc Libéral (BL) tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de “recul démocratique majeur” en Guinée. En cause : la création par décret présidentiel, en date du 14 juin, d’une Direction Générale des Élections (DGE), désormais logée sous la tutelle du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD).

Présentée par les autorités comme une avancée sur la voie du retour à l’ordre constitutionnel, cette décision est vivement critiquée par le parti, qui y voit un acte unilatéral et dangereux pour la transparence électorale. « Le pouvoir de transition continue de privilégier l’imposition au dialogue, l’unilatéralisme à la concertation », dénonce le BL.

Le principal grief soulevé : la mise sous tutelle de la DGE par un ministère accusé d’être historiquement partisan. Selon le Bloc Libéral, confier l’organisation des élections à une structure placée sous le MATD revient à «remettre les clés de la démocratie guinéenne à un organe notoirement inféodé au pouvoir».

Le parti rappelle que ce ministère a souvent été pointé du doigt comme un instrument de manipulation électorale depuis l’avènement du multipartisme, verrouillant les processus à travers ses relais administratifs.

Le contexte tendu de la transition guinéenne rend cette annonce d’autant plus explosive. Le BL prévient : l’organisation d’élections sans consensus inclusif ni garanties d’indépendance pourrait raviver les tensions politiques, voire dégénérer en violences.

« Le peuple guinéen a trop souffert des scrutins truqués, des résultats contestés, de l’impunité et de l’instabilité. La moindre étincelle pourrait rallumer les braises du chaos », alerte le BL.

En réponse, le Bloc Libéral exige la mise en place urgente d’une Commission électorale technique, indépendante, pluraliste et transparente, dotée de moyens propres et soumise à un contrôle public rigoureux. Il appelle aussi à la présence continue d’observateurs électoraux, nationaux comme internationaux, tout au long du processus, et non uniquement lors du jour du vote.

« Il ne suffit pas de décréter l’autonomie financière d’un organe pour le rendre indépendant. L’indépendance se juge à la capacité de résister aux pressions politiques », souligne le texte.

Pour le Bloc Libéral, seule une concertation sincère, paritaire et orientée vers des solutions concrètes peut garantir une sortie de crise pacifique et légitime. Il propose un dialogue réunissant les forces politiques et sociales de l’opposition, en face des représentants du pouvoir, afin de définir un cadre électoral consensuel.

Par ailleurs, le Bloc Libéral martèle son engagement pour une Guinée démocratique, juste et souveraine, appelant à la fin des simulacres électoraux et des décisions autoritaires. « Aucun compromis ne sera fait sur l’essentiel. La Guinée mérite un processus électoral digne de la confiance de son peuple », affirme le parti.

N’Famoussa Siby 

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