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Affaire Wely Mining à Siguiri : des femmes enceintes, en fuite après les violences, accouchent dans la brousse

Depuis la violente manifestation survenue contre la société Wely Mining à Siguiri, la tension reste vive dans les sous-préfectures de Fidako et Niagassola. Sur le terrain, les forces de défense et de sécurité déployées pour maintenir l’ordre sont accusées de commettre des exactions : portes défoncées, maisons fouillées, objets de valeur emportés et habitants contraints de fuir leurs villages pour se réfugier dans la brousse. Entre peur et exil, des femmes enceintes ont accouché dans la brousse.

Le président de district d’un des villages concernés a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat.

« Depuis le 24 septembre, date de la manifestation contre la société Wely Mining, les agents déployés sur le terrain multiplient les exactions contre la population. Quand ils arrivent dans un village, ils arrêtent toutes les personnes qu’ils trouvent, qu’elles soient ciblées ou non. C’est ce qui a poussé les habitants à fuir vers la brousse.Lorsqu’ils ne trouvent personne dans une maison, ils défoncent les portes et emportent tout ce qu’ils jugent de valeur. Chez moi, ils ont forcé la porte et, n’ayant pas trouvé d’argent, ils ont pris la batterie de mon panneau solaire. Un de nos frères s’est même fait dépouiller de son sac contenant de l’or, ici même dans le village », a-t-il souligné.

Selon plusieurs témoignages, certaines femmes ont accouché dans la brousse, loin de toute assistance médicale.

« Tout le monde s’était réfugié dans la brousse, même les femmes. Ce n’est qu’après plusieurs accouchements en pleine nature que, grâce à la médiation des sages, les forces de l’ordre ont accepté de laisser les femmes regagner les villages.Nous condamnons les actes de vandalisme commis lors de la manifestation contre la société, mais ce qui se passe aujourd’hui dans nos villages est encore plus grave. On se croirait en temps de guerre », indique un citoyen.

Conséquence directe de cette crise : les écoles n’ont pas rouvert leurs portes depuis la rentrée du 6 octobre.

« Dans les deux sous-préfectures de Fidako et Niagassola, toutes les écoles restent fermées. Les enseignants qui étaient venus pour la rentrée sont repartis. Ce n’est qu’hier et aujourd’hui que certains habitants commencent à revenir, grâce aux négociations menées par nos cadres à Conakry avec les autorités ministérielles », confie le responsable local.

 Ibrahima Camara, correspondant à Siguiri

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