« Le prix de 890 000 francs est trop cher… il faut le ramener à un niveau acceptable ». Ces mots du ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, ont marqué le lancement officiel du processus d’obtention du permis de conduire biométrique pour les motos (catégorie A). Présenté comme une étape « historique pour la sécurité routière », ce dispositif se veut une réponse ferme et durable face au drame quotidien des accidents de moto.
En 2024, la Guinée a enregistré 3 200 accidents impliquant des motos, faisant 1 105 morts et 715 personnes lourdement handicapées. Un bilan alarmant. Le Directeur national du Transport Terrestre (DNTT) a rappelé que 65 % des patients en traumatologie dans les hôpitaux de Conakry sont des victimes d’accidents de moto, majoritairement des jeunes de 18 à 35 ans.
Le nouveau processus s’articule autour de la formation, des examens théoriques et pratiques et de l’enrôlement biométrique. Pour éviter de perturber les activités économiques, une campagne spéciale de six mois a été instaurée avec plusieurs mesures d’allègement.
« Les auto-écoles ont abaissé le coût de leur formation de 260 000 à 150 000 francs guinéens. Les centres de visites médicales ont eux aussi réduit leurs tarifs de 200 000 à 120 000 francs. Les conducteurs expérimentés bénéficieront de neuf heures de cours théoriques au lieu des 30 heures de théorie et 40 heures de pratique. Avec ce dispositif, ils pourront obtenir leur permis en une semaine », a expliqué Naby Idrissa Diallo, directeur du DNTT.
Malgré ces avancées, le ministre Ousmane Gaoual Diallo a dénoncé un coût final jugé excessif. « Nous avons entendu les inquiétudes sur le prix du permis moto. Le tarif de 890 000 francs est trop élevé… Nous allons instruire la DNTT et l’opérateur Thomas Gregg de revoir ce prix et de le ramener à un niveau acceptable », a déclaré le ministre.
Le ministre a également annoncé des permis offerts aux premiers candidats et précisé que la détention obligatoire du permis pour les motos n’entrera pas en vigueur avant 2027 ou 2028. L’objectif, pour l’instant, est de former, professionnaliser et structurer le secteur, notamment grâce aux futures cartes professionnelles ouvrant droit à des avantages sociaux.
S’appuyant sur la technologie de l’opérateur Thomas Gregg, le dispositif vise à constituer une base de données nationale moderne, sécurisée et fiable, symbole d’« une Guinée qui avance vers l’organisation et la protection de la vie », selon le directeur de l’opérateur.
Thierno Amadou Diallo


