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CAN 2025 : Motsepe entre embarras et fuite en avant

C’est peu de le dire : la décision de la commission d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) d’invalider le sacre du Sénégal lors de la finale de la CAN 2025 du 18 janvier dernier, au profit d’une victoire du Maroc sur tapis vert, a plongé l’instance panafricaine dans une crise majeure. Car, de toute évidence, le verdict du jury d’appel ne se contente pas d’être critiqué ou contesté. À la fois controversé et flou, il est, pour l’heure, purement et simplement ignoré par la partie sénégalaise. Pire encore, loin d’apaiser les tensions, cette décision alimente un climat délétère entre le Sénégal et le Maroc. Le remède que la CAF prétendait administrer semble ainsi se transformer en un mal plus profond, aux conséquences potentiellement durables pour le football africain. Et comme pour couronner le tout, la situation semble plonger le président de la CAF, Patrice Motsepe, dans un profond embarras, au point de le pousser à une forme de fuite en avant.

Fébrilité et malaise

Il fallait s’y attendre : la prise de parole du dirigeant sud-africain n’allait pas être aisée, au regard du tollé suscité à l’échelle internationale par cette décision. Mais rarement Patrice Motsepe aura paru aussi mal à l’aise que lors de son intervention de ce dimanche, en marge du Comité exécutif de l’institution. Fébrilité, gêne, hésitations : tout dans son attitude traduisait un certain malaise. Souhaitant ménager à la fois le Sénégal et le Maroc, le président de la CAF s’est abstenu de tout commentaire de fond sur la décision du jury d’appel. Visiblement embarrassé, il a préféré renvoyer l’issue du dossier au Tribunal arbitral du sport (TAS), comme si l’instance qu’il dirige n’était pas en mesure d’assumer ses propres décisions. Une posture qui laisse penser que la CAF espère désormais se décharger sur le TAS pour sortir d’une impasse qu’elle a elle-même contribué à créer.

Des appels à la retenue qui sonne creux

Dans l’intervalle, Patrice Motsepe tente d’endosser le rôle de sapeur-pompier, appelant le Sénégal et le Maroc à préserver l’essentiel : leurs relations bilatérales et l’image du football africain. Mais cet appel à la retenue et à la lucidité sonne creux. Faute d’arguments solides, qu’ils soient juridiques ou éthiques, pour justifier la décision contestée, ses exhortations peinent à convaincre. Le Maroc, fort du verdict du 17 mars, estime légitime de revendiquer le titre de la 35ème édition de la CAN. De son côté, le Sénégal, s’appuyant sur le résultat entériné sur le terrain et soutenu par une large frange de l’opinion publique africaine, refuse catégoriquement de se voir dépossédé de son sacre. Entre ces deux positions irréconciliables, la CAF apparaît plus que jamais fragilisée, incapable non seulement de faire appliquer sa décision, mais aussi de la défendre avec clarté et cohérence. Dans ces conditions, les appels à la réconciliation du président de la CAF relèvent davantage de l’incantation que d’une véritable stratégie de sortie de crise. Chaque partie campant sur ses positions, se considérant victime d’une injustice.

Une tentative de diversion

Face à cette impasse, Patrice Motsepe semble désormais tenté par la fuite en avant. En témoigne son empressement à évoquer d’éventuelles réformes, dont l’élargissement du nombre d’équipes participantes à la CAN, qui passerait de 24 à 28 à partir de l’édition 2030. Une annonce qui, à bien des égards, apparaît comme une tentative de diversion. Mais l’effet escompté ne semble pas au rendez-vous. Le malaise est trop profond pour être occulté par de simples projections. La controverse autour de la finale de la CAN 2025 est loin d’être refermée, et ses répercussions continueront de peser sur la crédibilité de l’institution. Dès lors, plutôt que de se projeter vers des réformes futures, la CAF gagnerait à affronter les responsabilités du présent. Car c’est bien à la racine du mal qu’il faut s’attaquer, si l’on veut éviter que le football africain ne continue de s’exposer au ridicule sur la scène internationale. A défaut, la question des responsabilités, y compris au sommet de l’instance, finira inévitablement par s’imposer.

Boubacar Sanso Barry

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