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« Les fonds spéciaux ne se justifient pas », lâche Mohamed Lamine Bangoura

Le procès de l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, et de plusieurs de ses coaccusés s’est poursuivi ce lundi devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

Interrogé par les avocats de la partie civile sur de présumés faits de détournement de deniers publics, le prévenu a été amené à s’expliquer sur les fonds spéciaux alloués à la Cour constitutionnelle dans le cadre des élections.

À la barre, Mohamed Lamine Bangoura a déclaré : « Les fonds spéciaux mis à la disposition de la Cour venaient de la Présidence. Les montants alloués pour assister la Cour lors des élections étaient de 5 milliards de francs guinéens pour chaque scrutin. Ces fonds ne se justifient pas ».

Les débats se sont ensuite focalisés sur des soupçons d’enrichissement illicite. Me Pepe Lamah, avocat de la partie civile, a rappelé que l’ancien président de la Cour constitutionnelle percevait un salaire mensuel de 75 millions de francs guinéens, tout en ayant acquis un duplex à Dakar et une résidence à Nongo estimée à plusieurs milliards de francs guinéens.

Invité à justifier l’origine des fonds ayant servi à ces acquisitions, Mohamed Lamine Bangoura a livré sa version des faits.  « Concernant le cas de Nongo, nous avons procédé à un système de troc. J’ai cédé une de mes concessions et un immeuble était déjà bâti dessus. J’ai effectué des paiements échelonnés. Pour Dakar, j’ai contracté un crédit de 2 milliards de francs guinéens, en plus de mes salaires. J’étais également doyen de faculté. Je faisais des consultations en tant qu’enseignant-chercheur, où j’étais payé à hauteur de 8 millions de francs guinéens en 2009. Ce n’est pas 400 millions, mais 300 millions de francs CFA. J’avais diverses sources de revenus que j’ai cumulées, comme mon salaire, les travaux de consultation et la gestion de masters », a-t-il expliqué.

Le prévenu a également reconnu avoir acquis son duplex à Dakar à travers des paiements fractionnés effectués via des cambistes.

Poursuivant son interrogatoire, Me Pepe Lamah a évoqué la découverte présumée de 12 milliards de francs guinéens sur le compte bancaire du directeur administratif et financier (DAF) de la Cour constitutionnelle, actuellement en fuite, après les événements du 5 septembre.

À cette interrogation, Mohamed Lamine Bangoura a répondu : « Il avait été DAF ailleurs avant d’être à la Cour constitutionnelle, et des milliards existaient déjà sur son compte ».

Au moment de la mise en ligne de cette dépêche, le prévenu continuait de répondre aux questions des avocats de la partie civile.

Balla Yombouno

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