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Transition en Guinée : la CEDEAO avoue son impuissance

Agacement et aveu d’impuissance, ainsi pourrait-on résumer les conclusions du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO qui s’est tenu hier à Abuja, par rapport à la Transition en Guinée. Il ressort en effet du tout petit paragraphe du communiqué final du sommet que l’organisation régionale est quelque peu agacée par à la fois l’incertitude qui plane sur le retour à l’ordre constitutionnel et la crise de confiance entre les autorités et les acteurs sociopolitiques. C’est ainsi qu’elle fait part de sa préoccupation à propos de la « mise en œuvre de la feuille de route pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel, d’une manière inclusive et participative ».

Mais de la part de Bola Tinubu et des autres dirigeants de la sous-région, s’exprime dans ce communiqué final une impuissance notoire. On sent que l’organisation ne peut plus compter sur les moyens de pression dont elle a usé dans certains cas similaires. C’est symptomatique de la crise que traverse l’organisation depuis particulièrement trois ans. Même quand les faits sont évidents, elle ne peut plus faire montre de fermeté. Pour ne pas précipiter l’implosion qui la guette, elle est dans l’obligation de recourir à un discours doux pour ne pas braquer et radicaliser. C’est ainsi qu’elle prend en compte le reproche que lui font les autorités guinéennes, par rapport à sa supposée faible mobilisation pour aider à mobiliser le budget du retour à l’ordre constitutionnel.

Ainsi, à supposer que la mission de haut niveau dont le déploiement est confié à la commission de la CEDEAO vienne en Guinée, il n’y a pas grand-chose à attendre. En effet, au stade actuel, comment peut-on espérer que la CEDEAO persuade le CNRD à dialoguer avec des acteurs comme Cellou Dalein Diallo, Alpha Condé ou encore Sékou Koundouno ? Comment la CEDEAO pourrait-elle également, au moyen d’une pression même subtile, amener la Guinée à aller vers le retour à l’ordre constitutionnel, alors que la Refondation est censée se substituer à la Transition qu’on considère comme étant arrivée déjà à terme.

Non, il faut se rendre à l’évidence. La CEDEAO a littéralement perdu de sa superbe et de son influence dans le sillage de la crise politico-sécuritaire au Sahel. Et elle ne peut rien changer à la situation de la Guinée d’aujourd’hui. Qu’elle ne se leurre point ! Si elle veut encore compter, une renaissance lui sera indispensable.

Boubacar Sanso Barry

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