La République centrafricaine se retrouve une fois de plus au cœur d’une tempête politique, au lendemain de la présidentielle du 28 décembre 2025. Faustin-Archange Touadéra a été déclaré élu dès le premier tour avec 76,15 % des voix, selon les résultats provisoires publiés dans la nuit de lundi à mardi par l’Autorité nationale des élections (ANE). Une victoire sur le papier éclatante… mais qui peine à masquer la réalité d’un pays en crise profonde.
L’opposition, emmenée par Anicet Georges Dologuélé, crédité de 14,66 %, refuse de reconnaître les résultats, dénonçant des irrégularités et se proclamant lui-même vainqueur. Elle conteste ainsi les institutions issues de ce scrutin, alimentant les tensions dans un pays déjà fragilisé par des décennies de conflits et de misère endémique.
Au-delà de la politique, la situation sociale reste alarmante : plus de 70 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, l’accès aux services de base est limité, et la jeunesse peine à trouver emploi ou perspectives. Dans ce contexte, une élection, même pacifique sur le papier, ne peut masquer le désespoir quotidien de millions de Centrafricains, coincés entre promesses politiques et pauvreté structurelle.
Les observateurs ont salué le calme relatif du scrutin, malgré des retards dans l’acheminement du matériel électoral et des problèmes liés au registre électoral. Mais la légitimité d’un système électoral confronté à des enjeux de survie économique reste questionnée. Alors que le pays s’apprête à entamer un nouveau mandat présidentiel, nombreux sont ceux qui s’inquiètent : les urnes ne suffiront pas à combler le gouffre social qui menace de diviser la Centrafrique encore un peu plus.
Siby


