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Charles Wright : « Ne soyez pas étonné qu’un magistrat passe devant la CRIEF…»

Récemment nommé procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), l’ancien ministre de la Justice, Alphonse Charles Wright, a été officiellement installé ce jeudi 9 avril lors d’une cérémonie organisée à la Cour d’appel de Conakry, sous l’égide de l’inspecteur général de l’administration judiciaire et pénitentiaire. Le nouveau procureur promet fermeté et diligence. 

La cérémonie a rassemblé l’ensemble des cadres de l’institution judiciaire, notamment le procureur général de la République, des magistrats et des greffiers.

Dans un discours de trente minutes, Alphonse Charles Wright a adressé un message clair et ferme à tous les acteurs du système judiciaire et administratif.

« Je reste et demeure au service de la nation, et partout où je serai appelé à servir, je le ferai avec loyauté et le même engagement. J’avoue qu’en venant ici, au niveau de la Cour d’appel, beaucoup de mes collègues avaient des doutes… Doutes installés par « on m’a dit », « il paraîtrait », « il semblerait ». Mais très rapidement, je pense que ces hommes et femmes présents ici ont témoigné, à mon égard, du respect de ce que j’ai été pour cette justice. On est toujours ministre. Ainsi va la vie, c’est ce que Dieu a voulu. On est appelé à servir la nation, quel que soit l’endroit où l’on nous enverra… », a-t-il déclaré.

Le nouveau procureur spécial a insisté sur la lutte contre la corruption et la nécessité de l’application stricte de la loi.

« Notez bien ce que je vais dire, cela peut surprendre, mais peu importe. La corruption est un poison avec beaucoup d’adeptes. Elle peut provenir d’une personne que l’on appelle corrupte, d’une autre que l’on appelle corrompue, ou des deux. Elle est présente partout : dans les maisons, dans la justice, dans l’administration publique et privée. Vu sa dangerosité et ses effets néfastes sur le développement des États, la loi sur la détection, la prévention et la répression des infractions s’applique à tout agent public, quel que soit son mandat ou sa délégation de pouvoir. Cette loi doit s’appliquer dans toute sa rigueur », a-t-il poursuivi.

Il a ensuite prévenu avec fermeté : « Monsieur l’inspecteur, ne soyez pas surpris… Parfois, on dit que je suis imprévisible. Or, il n’y a pas d’improvisation dans ce que je fais. Je sais où je vais piloter et orienter les choses. À un moment donné, en 2021, le président de la République a pris la décision de mettre en place une juridiction d’exception : la CRIEF. Partout en Afrique, regardez le Bénin, le Sénégal, ils n’ont rien de plus que nous. Nous avons nos ressources ici, notre ciment, tout ce qu’il faut. Mais le mal commence dans ma propre maison de justice. Pour obtenir une décision de justice, parfois, il faut payer. Alors ne soyez pas étonné demain qu’un ministre ou un magistrat passe devant la CRIEF. Personne ne sera épargné. Je ne viens pas commencer, mais terminer dans la légalité ce qui a été commencé. Ne vous étonnez pas si certains parlent de « chasse aux sorciers ». Si le sorcier mange quelqu’un, il faut vérifier et dire ce qu’il a fait. Le doute n’a pas sa place. Nous sommes sortis de la transition et nous sommes dans la phase du développement. Peut-on développer un pays tout en fermant les yeux sur la corruption ? », a-t-il souligné.

Alphonse Charles Wright a lancé un message fort à ses collègues magistrats : « À partir de maintenant, je lance un appel à tous mes collègues magistrats. Celui qui est ministre, celui qui est magistrat, qu’on ne pense pas que la loi s’applique aux autres. J’ai promis et je le réaliserai : à partir de lundi, je déposerai ma déclaration de biens au greffe que j’occupe, comme l’exige la loi sur la détection des infractions. Personne ne sera épargné. J’ai moi-même comparu devant les juridictions en tant que ministre, par respect pour la loi. La loi est plus forte que nous tous. Nul n’est au-dessus de la loi ».

Enfin, il a annoncé la mise en place d’un numéro vert, 627 97 17 17, permettant à la population de signaler toute corruption directement au parquet spécial.

Aminata Camara 

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