Le ministère de l’Environnement et du Développement durable, en collaboration avec ses partenaires techniques et financiers, notamment l’Union européenne, a procédé ce mercredi 15 avril au lancement officiel du programme NaturAfrica – Paysage transfrontalier des Monts Nimba, dans la localité de Diécké, située dans la région de N’Zérékoré.
Doté d’un financement de 2,5 millions d’euros de l’Union européenne, ce programme transfrontalier vise à renforcer la connectivité écologique et à prévenir les conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles dans l’espace du fleuve Mano, qui couvre la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Libéria.

Dans son discours de circonstance, la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Djami Diallo, a souligné l’importance écologique et socio-économique du paysage des Monts Nimba.
« Ce paysage constitue en outre un pourvoyeur de ressources alimentaires pour les communautés locales. Cependant, il comprend des écosystèmes très menacés par la déforestation, l’extension agricole et l’exploitation minière. Malgré les importants efforts fournis par l’État et ses partenaires pour sa protection, ce paysage reste exposé à diverses pressions constituant des menaces à son intégrité. Et les Monts Nimba ne sont pas seulement un patrimoine naturel exceptionnel. Ils sont également un symbole de notre responsabilité collective vis-à-vis de la communauté internationale. Le maintien de ce site sur la liste du patrimoine mondial constitue un défi majeur pour notre pays. Il interpelle notre capacité à concilier protection de l’environnement et développement économique, notamment dans un contexte de valorisation de nos ressources minières et de préservation d’un patrimoine écologique d’une valeur universelle exceptionnelle », a-t-elle fait savoir.
La ministre a également réaffirmé l’engagement du gouvernement guinéen à œuvrer pour le retrait du site de la liste du patrimoine mondial en péril, grâce à une gestion intégrée et coordonnée du paysage transfrontalier.
« Je tiens à réaffirmer ici, avec force, l’engagement du gouvernement guinéen à œuvrer activement pour le retrait du mont Nimba de la liste du patrimoine mondial en péril. Notre programme pour la gestion intégrée du paysage transfrontalier, qui couvre trois pays, à savoir la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Libéria, comprend le renforcement de la gouvernance environnementale, l’amélioration de l’efficacité de gestion des aires protégées et la réduction des pressions anthropiques. Il contribuera à satisfaire les exigences de l’UNESCO pour ce retrait », a-t-elle indiqué.

Insistant sur l’importance d’une mobilisation collective, elle a ajouté : « La réussite de ce programme dépendra de notre capacité collective à agir de manière coordonnée, efficace et transparente. Elle suppose notamment une forte appropriation nationale, l’implication effective des communautés locales et un engagement constant de l’ensemble des parties prenantes. Pour sa part, le ministère de l’Environnement veillera à créer les conditions nécessaires à une mise en œuvre efficace du programme, dans un esprit de redevabilité et de performance ».
De son côté, l’ambassadeur de l’Union européenne en Guinée, Xavier Sticker, a mis en avant l’ambition globale de protection de la biodiversité visant à préserver au moins 30 % des territoires. Il a souligné l’importance des Monts Nimba en tant que « hotspot » de biodiversité abritant des espèces rares et endémiques.
« L’objectif, à travers ce partenariat avec l’UICN, c’est de faire en sorte que cette biodiversité remarquable et ces paysages remarquables, qui intègrent à la fois les sites et les communautés humaines, sortent de ce statut en danger. Veiller à ce que des espèces remarquables, des espèces emblématiques, ces singes qui utilisent dans cette région des pierres comme outils, ces espèces de chauves-souris, crapauds vivipares, micropotamogales, petits mammifères qui n’existent que sur les Monts Nimba puissent être présentes à l’avenir, comme un témoignage pour les Guinéens, un motif de fierté et un héritage pour l’humanité. Tel est l’enjeu face aux risques, face aux pressions », a-t-il souligné.
Il a par ailleurs souligné le rôle central de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), partenaire clé de mise en œuvre du programme.
« L’UICN est, de ce point de vue, un partenaire pivot, un partenaire important, et nous nous honorons de ce partenariat qui nous rassemble tous (Guinée, Équipe Europe et UICN) dans un domaine qui est au cœur de l’engagement de l’Union européenne aux côtés de la Guinée : le développement durable. C’est un marqueur pour nous, parce que nous avons la conviction que, comme c’est le vœu même de la Guinée, là se trouve l’avenir du pays, motif de fierté, de développement pour ses populations et condition pour son attractivité, son bien-être et la préservation de ces joyaux de la Guinée qui sont aussi des joyaux de l’humanité », a déclaré Xavier Sticker.

S’exprimant au nom du directeur régional, le représentant de l’UICN en Guinée, Richard Sagno, a salué la confiance accordée par l’Union européenne et la vision stratégique du gouvernement guinéen. Il a souligné que cette initiative vise à concilier durablement la préservation des écosystèmes, le développement économique et l’amélioration des conditions de vie des populations locales.
« La mise en œuvre de cette initiative s’appuie sur des relations solides entre l’Union européenne et l’Union internationale pour la conservation de la nature, aux plans global et régional, forgées à travers de nombreuses initiatives dans la région et dans le monde…Nous réaffirmons notre engagement à travailler en étroite coordination avec l’ensemble des institutions nationales, dans un esprit de transparence, de redevabilité et de performance. Les partenaires de mise en œuvre sont pleinement mobilisés pour assurer le succès de ce programme », a-t-il soutenu.
Avant de conclure : « Nous sommes prêts à agir, ensemble, pour produire des résultats concrets et durables et pour appuyer, au-delà de ce programme, toutes les initiatives qui contribuent aux priorités du Gouvernement, en particulier celles du ministère de l’Environnement et du Développement durable ».
Aminata Camara




