Les pratiques de fraude lors des examens nationaux en Guinée préoccupent sérieusement les autorités éducatives de N’Zérékoré. Réseaux de copistes via WhatsApp, introduction de téléphones et de documents écrits dans les salles d’examen, complicité présumée de certains surveillants : autant de dérives que le directeur préfectoral de l’éducation (DPE) entend désormais combattre avec fermeté.
Rencontré dans son bureau ce vendredi 29 mai 2026, Yozilé Kolomou a annoncé des mesures strictes contre toute personne impliquée dans ces pratiques qu’il qualifie de « mauvaise habitude ».
Selon lui, des fouilles systématiques seront effectuées avant l’accès des candidats aux centres d’examen.
« C’est très surprenant et très déplorable, deux surveillants dans une salle, en train de veiller sur le bon déroulement des épreuves, qu’on vienne trouver des téléphones ou des documents écrits des mains d’un élève ou candidat. Mettez-vous à ma place ! C’est une haute complicité. Alors qu’un seul enseignant peut surveiller 30 candidats », a dénoncé Yozilé Kolomou.
Le directeur préfectoral de l’éducation affirme que le ministère a déjà instruit l’application de sanctions sévères contre les surveillants et candidats pris en flagrant délit de fraude.
« Je voudrais dire surtout aux enseignants qui seront pris, de faire très attention. Si on dit de fouiller systématiquement les candidats avant qu’ils n’accèdent dans la cour même pour parler de la salle, c’est pour éviter ces formes de fraude. Et si on en trouve, les deux surveillants, leur départ à la police, la sanction administrative va tomber ainsi suivra la sanction pénale. C’est pourquoi, les élèves doivent faire beaucoup attention. Parce que l’élève avec qui on trouvera un document, sera éliminé et mis en prison. Puisque les deux partis doivent suivre les mêmes conséquences », a-t-il averti d’un ton ferme.

Dans la même dynamique, le DPE a lancé un appel aux parents d’élèves afin qu’ils sensibilisent leurs enfants avant le début des examens.
« Je voudrais inviter les parents d’élèves ; c’est le bon moment pour donner des conseils utiles aux enfants. Pendant ces examens : des téléphones, des documents écrits sont interdits ; qu’ils ne partent à l’école qu’avec les têtes bien faites. Tête bien faite, c’est l’élève-là qui, pendant l’année, s’est donné priorité d’apprendre ses leçons. Et celui qui l’a fait, il a la chance de réussir à son examen. Donc, la fouille systématique sera engagée et contrôlée strictement. En tout cas, toute complicité de fouille qu’on va constater fera l’objet des dispositions disciplinaires à prendre », a insisté Yozilé Kolomou.
Pour limiter toute complicité entre surveillants et candidats, une nouvelle stratégie sera appliquée cette année : la rotation systématique des surveillants après chaque épreuve.
« On nous a aussi dit que pendant que les surveillants seront dans les salles de classes, il faut faire une rotation à chaque épreuve. Parce que certainement, si les mêmes surveillants font résidence dans une salle, c’est que c’est de la pagaille. Donc, à chaque épreuve, les surveillants doivent quitter leurs premières salles selon l’organisation du secrétariat de surveillance. Ainsi de suite, pour que les élèves découvrent de nouveau d’autres surveillants, et les surveillants aussi également. Tout ça, c’est pour éviter cette fraude, ces corruptions dans les centres d’examen. Et il est dit qu’on appliquera, comme je l’ai dit, strictement les sanctions disciplinaires », a conclu le directeur préfectoral de l’éducation de N’Zérékoré.
Cette sortie du DPE met en lumière l’ampleur des réseaux de fraude qui continuent de gangrener les examens nationaux dans plusieurs localités du pays.
Foromo Fazy Béavogui, depuis N’Zérékoré




