Depuis le durcissement de la législation contre l’homosexualité au Sénégal, les interpellations se multiplient à travers le pays. À Linguère, une opération policière a conduit à une série d’arrestations, vendredi.
Le Sénégal fait face à une montée en puissance des arrestations liées à l’homosexualité, quelques semaines seulement après la promulgation d’une loi renforçant sa répression. Adopté le 11 mars par l’Assemblée nationale et promulgué à la fin du même mois, le texte durcit considérablement les sanctions, dans un contexte social déjà marqué par de fortes tensions.
Désormais, les peines pour « actes contre nature » sont doublées, passant de un à cinq ans de prison à une fourchette de cinq à dix ans fermes. Les amendes, elles aussi, connaissent une hausse significative, pouvant atteindre jusqu’à 10 millions de francs CFA. La loi introduit également des sanctions contre la « promotion » et le financement de l’homosexualité, élargissant ainsi le champ de la répression.
Depuis son entrée en vigueur, les cas d’interpellations se multiplient, notamment à Dakar et dans plusieurs villes de l’intérieur du pays. La dernière affaire en date s’est déroulée à Linguère, où plusieurs personnes ont été arrêtées par le Commissariat urbain.
Selon des sources proches du dossier, tout serait parti d’une enquête visant un jeune homme d’une vingtaine d’années, signalé pour des absences répétées dans le cadre de sa formation professionnelle. Introuvable depuis plusieurs semaines et absent aux évaluations de fin de semestre, il aurait attiré l’attention des autorités, déclenchant une opération de recherche.
Les investigations ont finalement permis de localiser l’individu à Dahra Djolof, où il a été interpellé puis transféré aux enquêteurs. Cette arrestation a ouvert la voie à une série d’interpellations dans le cadre de la même affaire.
Dans la foulée, plusieurs autres personnes ont été arrêtées, dont un maître d’arabe, un tailleur et un jeune homme décrit comme familier des services de sécurité. Tous sont actuellement entendus par les enquêteurs du Commissariat urbain de Linguère, tandis que l’affaire reste en cours d’instruction.
Siby




