Au pied du barrage de Souapiti, ce jeudi 14 mai 2026, une nouvelle page s’est écrite dans la coopération énergétique entre la Guinée et la Chine. À l’occasion d’une journée portes ouvertes exceptionnelle consacrée aux centrales hydroélectriques de Kaléta et Souapiti, les autorités guinéennes et leurs partenaires chinois ont procédé au lancement officiel du « Programme de formation des futurs ingénieurs ». Une initiative structurante, matérialisée par la signature d’accords de coopération entre acteurs majeurs du secteur énergétique et institutions d’enseignement supérieur, et qui esquisse les contours d’une souveraineté technique nationale.
Ce projet repose sur une collaboration étroite avec l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, l’IST de Mamou et l’Université Kofi Annan, appelés à jouer un rôle central dans la formation des compétences de demain.

Prenant la parole au nom du ministre de l’Énergie, Mambi Doumbouya a rappelé l’importance stratégique du secteur énergétique dans le développement du pays.
« Transformer les ressources hydrauliques en une alimentation électrique stable, en moteur du développement industriel et en levier d’amélioration des conditions de vie des populations demeure une priorité constante du Gouvernement guinéen. Aujourd’hui, dans le cadre de la vision Simandou 2040, la Guinée accélère sa transformation. Mais le développement des infrastructures ne peut se faire sans le développement des compétences », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de combler le fossé entre formation académique et réalités du terrain.

Pour Sun Yong, ambassadeur de la République populaire de Chine en Guinée, cette initiative incarne la solidité d’une coopération historique de 70 ans. Illustrant cette philosophie, il a cité un proverbe porteur de sens.
« Un ancien proverbe chinois dit : « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson ». J’espère que les établissements d’enseignement et les entreprises saisiront cette opportunité pour renforcer leur coopération sincère, innover dans les modèles de collaboration, faire progresser ce programme de manière concrète et approfondie, et en faire un projet exemplaire. Il s’agit de former davantage de jeunes talents compétents sur le plan technique, ouverts sur les cultures et porteurs d’idéaux, afin qu’ils deviennent des ponts de l’amitié et de la coopération entre nos deux pays », a-t-il souligné.

Dans la même dynamique, la Vice-rectrice de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, Pr Mariama Beavogui, a salué la mise en place d’un véritable écosystème de formation et d’innovation. Selon elle, ces conventions permettront de renforcer les liens entre les institutions académiques et les entreprises CWE, SOGEKA et SOGES, afin de rapprocher davantage la formation des exigences du monde industriel. Ce partenariat tripartite vise à instaurer une plateforme de partage de ressources et d’excellence pédagogique.
Du côté des partenaires industriels, l’accent est mis sur le transfert de compétences et la durabilité des infrastructures. Le Directeur Général Adjoint de la SOGES, Amadou Oury Diallo, a insisté sur le rôle central du capital humain.
« À la SOGES et à la SOGEKA, ainsi que pour nos partenaires de CWE, nous sommes convaincus que les infrastructures énergétiques ne doivent pas uniquement produire de l’électricité ; elles doivent aussi créer de la connaissance, accumuler de la technologie et offrir davantage d’opportunités de croissance aux jeunes Guinéens. C’est par cette dynamique que nous construirons une Guinée plus compétente, plus souveraine et plus rayonnante », a-t-il affirmé.

La cérémonie s’est achevée par la signature officielle des accords de coopération entre les acteurs du secteur énergétique et les institutions d’enseignement supérieur, suivie d’une visite des installations, offrant aux participants un aperçu concret de leur futur environnement professionnel.
Ce programme, qui prévoit également des stages pratiques de préparation à l’embauche et l’apprentissage de la langue chinoise pour faciliter les échanges techniques, traduit une ambition commune : transformer le potentiel hydroélectrique de la Guinée en une réussite humaine, technologique et durable.
Thierno Amadou Diallo




