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EDG : que cache la grève annoncée ?

Une nouvelle grève plane au-dessous de la Guinéenne d’électricité (EDG). Le collège syndical de l’entreprise publique de fourniture d’électricité, un avis à l’appui, promet d’aller en débrayage à partir de ce mardi 14 juillet. Et bien sûr, au sein de l’opinion, cette menace donne lieu à une certaine anxiété, dans la mesure où dans la capitale Conakry en particulier, personne ne voudrait qu’à la faveur de cette nouvelle crise, la desserte qui se sera quelque peu améliorée depuis quelques jours, puisse être affectée. Mais il convient de s’intéresser de très près aux revendications du collège syndical. En effet, si celui-ci est bien dans son droit d’aller en grève, il semble néanmoins que certains des motifs invoqués cachent des intentions plutôt inavouables.

De manière succincte, les revendications au nom desquelles le collège syndical des employés d’EDG veut aller en grève sont les suivantes :

  • Refus délibéré du Directeur général de recevoir la Délégation syndicale d’EDG pour débattre des problèmes de l’entreprise ;
  • Manque de volonté du Directeur général de l’application du protocole d’accord du 27 août 2019 entre Veolia et le Collège syndical ;
  • Nominations fantaisistes des directeurs de départements en dehors du personnel de l’entreprise.

Un survol sommaire de ces trois points révèle tout de suite l’imprécision ou l’inconsistance des griefs. En effet, seul le second 2 point pourrait sous-entendre des préoccupations touchant aux intérêts matériels et moraux des travailleurs. Mais comme on peut le noter, cela est volontairement masqué derrière « protocole d’accord du 27 août 2019 ». Au sujet du premier point, nous apprenons qu’en réalité, le Directeur général, Bangaly Maty a bel et bien rencontré le collège syndical le jeudi 9 juillet 2020. Les échanges auraient duré 2 heures, au cours desquelles tous les problèmes soulevés par les syndicalistes auraient été abordés. Y compris, nous dit-on, le point relatif au rejet par les syndicalistes du nouveau statut de l’entreprise promulgué par décret du chef de l’Etat il y a bientôt un an.

Au cours de la même rencontre, la question qui fait l’objet du troisième point de l’avis de grève du collège syndical a également été abordée par le directeur général. Bangaly Maty avait notamment rappelé à ses interlocuteurs toute la procédure qui a débouché sur le recrutement de quelques directeurs de départements. Il n’avait pas omis de signifier à ces derniers que cette vague de recrutement résultant d’une nécessaire réforme de l’entreprise, avait été gérée en bonne et due forme par un cabinet international et que le concours était par ailleurs ouvert à tout Guinéen désireux de postuler. D’autant que les appels d’offres avaient fait l’objet d’une large diffusion via notamment les médias de la place. Au terme de la sélection, la procédure avait abouti à la nomination de :

  • 4 Directeurs recrutés au sein de l’entreprise (Direction Production et Transport, (DPT) Direction Distribution et Exploitation Régionale (DDER), Direction de l’Audit interne (DAI) et la Direction Administrative et Financière(DAF).)
  • 5 Directeurs (Direction des Ressources Humaines ((DRH); Direction Achats Approvisionnements et Logistique (DAAL); Qualité, hygiène, sécurité, environnement(QSE); Direction des Systèmes d’Information (DSI); Direction Juridique (DJ).) recrutés à l’externe
  • 2 postes non pourvus pour manque de candidat ayant validé le test.

Ce point 3 est pourtant celui qui est à la base de la fronde en perspective, nous fait-on savoir. Les autres ne sont qu’un habillage destiné à légitimer le mouvement de grève annoncé. De fait, la crise qui menace EDG est classique dans toutes les entreprises en proie à des réformes. En effet, ces dernières sont souvent perçues comme une menace de la part de ceux qui, au sein de l’entreprise, ont acquis des statuts, avec les privilèges y afférents. Redoutant de perdre ces statuts avec les nouvelles normes, ils usent souvent de toutes les manœuvres pour résister à leur établissement. Et de toute évidence, nous sommes dans le même cas de figure ici. Autrement, comment peut-on exiger d’une entreprise qu’elle recrute exclusivement au sein du personnel interne, même si celui-ci ne remplit pas les critères recherchés ? En quoi cette revendication a-t-elle un lien avec les conditions de vie et de travail des employés d’EDG ? L’incohérence est ici évidente. Aurions-nous peut-être compris la démarche du syndicat si sa réclamation avait porté sur les besoins de renforcement de compétences et de qualification du personnel.

Les Guinéens sont peut-être connus pour leur sympathie notoire à l’égard des mouvements de grève. Mais cela ne doit pas se faire sans discernement. Autrement, ils risquent de se révéler inconséquents avec eux-mêmes, à savoir réclamer d’EDG un service de qualité, et s’opposer aux réformes permettant d’y arriver.

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