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LUTTE CONTRE LES VBG : Plan Guinée parie sur la vulgarisation des textes de loi

Partant du principe que l’ignorance est l’un des facteurs explicatifs de la persistance du fléau des violences basées sur le genre (VBG), Plan International Guinée entend remédier au déficit d’information. C’est ainsi qu’avec son appui, un atelier de vulgarisation des textes de loi interdisant les violences basées sur le genre, s’est tenu ce vendredi 5 août dans un réceptif hôtelier de la place.  Présidée par la Directrice générale de l’Office de protection du genre, de l’Enfance et des mœurs (Oprogem), la rencontre a réuni des représentants de toutes les entités impliquées dans la lutte du phénomène des VBG, à savoir la police, la gendarmerie judiciaire, les magistrats, les services sociaux, les services de santé, les organisations de défense des droits de la personne et les adolescent-e-s et jeunes filles.

Pour comprendre la pertinence du travail de vulgarisation que promeut Plan Guinée, il convient de noter que la Guinée est confrontée à une véritable recrudescence des viols, des violences sexuelles, des mariages d’enfants ainsi qu’à la persistance des MGF en général. C’est ainsi qu’il ressort d’une enquête nationale sur les violences basées sur le genre (VBG) réalisée par le gouvernement guinéen en 2017, que 96% des femmes en Guinée ont subi des mutilations génitales, 63% un mariage précoce, 85% des violences conjugales, 77% des violences en milieu scolaire, et 49% des violences sexuelles. C’est dire qu’en dépit de l’engagement des organisations de défense des droits de la personne et l’existence des textes juridiques et textes de lois interdisant les VBG, dans le pays, les défis à relever demeurent encore importants. D’où la stratégie de la vulgarisation et de la promotion des textes de loi en la matière, en vue d’une de leur dissémination au sein de la population.

 « Nous avons décidé de partager ces textes avec les organisations de la société civile et les magistrats qui sont déjà des connaisseurs des textes de loi, ainsi qu’avec la police judiciaire, la gendarmerie, les organisations de la société civile. Une fois sortie de cet atelier, chaque structure fera une micro planification pour vraiment continuer cette sensibilisation, cette information sur le terrain », a indiqué Dr Septime Hessou, Coordinateur Subvention TB/VIH à Plan International Guinée.

Pour sa part, la Directrice générale l’Oprogrem, salue l’initiative. « Nous le savons déjà, mais s’il n’y a pas un texte qui interdit une infraction à la loi pénale, il n’y aura pas de poursuites. Donc, c’est vraiment salutaire, cette initiative. Je remercie infiniment le partenaire technique et financier qu’est Plan Gunée, qui ne cesse d’ailleurs, de nous accompagner en termes de renforcement de capacités opérationnelles à chaque fois que l’occasion se présente », souligne la commissaire Marie Gomez. Qui, dans la foulée, s’engage : « Au niveau des officiers de police judiciaire, nous l’utiliserons à bon escient ».

Dans le travail de vulgarisation de ces textes, le consultant indépendant suggère un maillage suffisant du pays. Car ce n’est pas le cas jusqu’à maintenant.  « le dispositif mis en place pour lutter contre les VBG est faible. D’abord, il existe des textes mais l’organisation mise en place ne couvre pas l’étendue du territoire national. A travers les interviews que j’ai eu de part et d’autre, on vous parle des rencontres périodiques avec les partenaires techniques et financiers aux niveaux national et régional. A ces niveaux supérieurs, il y a quelques fois des réunions périodiques. Mais aux niveaux préfectoral et communal, ça n’existe pas », révèle Mamadou Dian Mairie Diallo. Et la recommandation qu’il en tire qu’il faut « s’inscrire dans le cadre du Système de Protection de l’Enfant en Guinée qui va du village au niveau national. C’est un dispositif communautaire ».

En tout cas, du côté des participants, on salue l’initiative et la pertinence de la démarche. Aminatou Baldé, Responsable Protection des enfants et jeunes du Club des jeunes filles leaders de Guinée souhaite même que la sensibilisation se fasse aussi dans les langues nationales. « Il serait important de les vulgariser en langues nationales. Vous n’êtes pas sans savoir que nous sommes dans un pays où la majorité de la population est analphabète et, se limiter seulement à nous qui étions-là, nous ne représentons pas toute la communauté guinéenne. Donc, on gagnerait à aller vers les personnes les plus concernées (les mamans, les personnes analphabètes, les ateliers de couture, les marchés), faire du porte-à-porte pour expliquer à tout le monde qu’il y a des lois qui condamnent les Violences basées sur le genre (VBG) », suggère-t-elle.

Il faut noter que la rencontre a mobilisé une soixantaine de participants de toutes les couches socioprofessionnelles confondues.

N’Famoussa Siby

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