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Gouvernement de Transition : un scandale en chasse un autre

N’aurait-on pas compris le véritable sens des propos tenus le mardi dernier par le premier ministre, sur les antennes de la synergie des médias, organisée à l’occasion de l’An 2 du CNRD ? Interrogé au sujet du marché polémique de la rénovation, de l’aménagement et de l’équipement de la résidence officielle des premiers ministres, Bernard Goumou, se présentant en victime d’une cabale, avait en substance répondu : « Cette fuite-là, ce n’est pas fait contre Bernard (PM), c’est fait contre l’Etat guinéen ». Et si ces propos étaient en fait annonciateurs du désir du chef du gouvernement de faire payer à ceux qu’il croit être à la base de la divulgation du scandale qui l’accable ? En tout cas, depuis hier, l’affaire Goumou est quelque peu éclipsée par celle relative à la rénovation et à l’extension du ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique, dévoilée par nos confrères du site dépêcheguinee.com. Parce que si avec les 6 milliards au sujet de la résidence du premier ministre, on avait écarquillé les yeux, on est encore plus ébahi à propos du marché attribué par Ousmane Gaoual Diallo, d’un montant de plus de 65 milliards GNF. Surtout que, là aussi, le mode de passation du marché est l’appel d’offres restreint (AOR).

Tout cela nous laisse que nous sommes dans un contexte de règlement de compte tous azimutes où le premier ministre, se sentant ciblé par certains de ses collaborateurs, désireux de le faire partir, comme on l’avait fait avec Mohamed Béavogui, décide, lui aussi, de déballer tout ce qu’il a. Ainsi, comme il pourrait l’avoir sous-entendu, c’est l’image de la gouvernance du CNRD, dans sa globalité – et donc de l’Etat guinéen- qui risque d’en prendre un coup. Si en l’espace d’une semaine, se retrouvent sur la place publique, deux scandales portant sur montant cumulé de plus de 70 milliards GNF (plus de 8 millions de dollars), il est évident que le discours du colonel Mamadi Doumbouya contre la corruption pourrait difficilement demeurer audible. Surtout que, comme par le passé, la justice – Crief – ne fait même pas mine de vérifier les allégations. Alors même que les copies des contrats mis en cause sont rendues publiques par la presse.

Déjà que l’espace politique est verrouillé par notamment l’interdiction systématique des manifestations publiques, que le dialogue politique n’a jamais véritablement fonctionné, que la communauté internationale reste méfiante quant au processus de retour à l’ordre constitutionnel, que le secteur de la justice demeure paralysé, le colonel Mamadi Doumbouya n’aurait certainement pas besoin que les Guinéens viennent à douter de l’authenticité de son engagement à sévir contre la corruption et la prévarication des deniers publics. Or, c’est exactement ce qui arrive avec l’indifférence qu’il manifeste à l’égard de ses scandales en cascade qui éclaboussent des proches collaborateurs à lui.

Boubacar Sanso Barry

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