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Mise en place des délégations spéciales : « Un second coup d’Etat », selon Cellou Baldé

La question divise. Autant les autorités semblent résolues mettre en place des délégations spéciales dans toutes les collectivités du pays, autant les acteurs politiques s’y opposent farouchement. Ces derniers y voyant en particulier une manœuvre permettant à la junte de s’assurer le contrôle absolu sur ces entités locales, à des fins non avouables. Pour Cellou Baldé, responsable des fédérations de l’intérieur du pays, à l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), la suspicion est nourrie par le fait que la junte se joue des dispositions du Code révisé des collectivités locales.

Le Code révisé des collectivités locales est celui que Cellou Baldé invoque à chaque fois que la question des délégations spéciales lui est posée.  Parce que, dit-il, « c’est une loi qui est toujours en vigueur. C’est une loi qui produit son effet, les collectivités sont organisées et fonctionnent sur la base de ce code révisé des collectivités locales ». En outre, aux velléités des autorités, il oppose le principe de la décentralisation. Principe qui, souligne-t-il, repose sur « la libre administration des collectivités. Si on enlève la libre administration des collectivités, la décentralisation n’a plus sa raison d’être, les collectivités locales n’ont plus leur raison d’être ».

Mettant en exergue l’entorse à la loi, il rappelle qu’au nombre des motifs pouvant justifier la mise en place d’une délégation spéciale, il y a une décision de justice définitive condamnant au moins le tiers des membres d’un conseil communal. C’est ainsi qu’à l’Assemblée générale de l’UFDG de ce samedi 27 janvier, il pose la question aux militants réunis : « Est-ce que vous avez entendu ou vu les autorités de la transition nous brandir des décisions de justice ayant reconnu au moins le tiers des membres de l’ensemble des conseils communaux de Guinée, coupables de délit ou de crimes » ? Sans attendre la réponse, il poursuit : « Alors, c’est un autre coup d’état, c’est la force qu’ils veulent utiliser pour enlever les élus, ceux-là que les populations ont choisis, pour qu’ils choisissent d’autres personnes qui obéissent à leurs ordres, comme ils l’ont fait au niveau des circonscriptions territoriales (Gouvernorats, préfectures) et même dans une certaine mesure au CNT, pour nous imposer des personnes que les populations n’ont pas choisies ».

Pour lui donc, les « conseillers élus le 4 février 2018 et installés une année après restent et demeurent les seuls représentants légaux et légitimes du peuple de Guinée au niveau des collectivités locales ».

Pas sûr que cela suffise pour freiner l’élan pris par le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, déterminé à traduire l’annonce du général Mamadi Doumbouya, le 31 décembre dernier, en acte.

Aliou Maci Diallo pour LeDjely.com

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