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Kankan : poissons et poulets hors de prix, les vendeuses craquent

Plusieurs vendeuses de poulets et de poissons des marchés de la commune urbaine de Kankan sont en colère. Dans la matinée de ce mardi 3 janvier , nombre d’entre elles ont investi les ruelles de la ville pour dénoncer la hausse vertigineuse et incontrôlée des prix de ces produits halieutiques, à l’approche du Ramadan et du carême chrétien.

Au centre des revendications figurent les frigorifiques, accusés de revoir les prix à la hausse quotidiennement, sans justification ni concertation. Selon les manifestantes, ces pratiques étouffent les petits revendeurs et les plongent dans un endettement chronique. « Ce matin encore, les prix ont augmenté. C’est devenu une habitude. Nous ne faisons plus de bénéfices. Nous sommes sorties pour demander une baisse afin de pouvoir nourrir nos enfants. Tant que les prix ne baisseront pas, nous n’ouvrirons pas nos étals. Nous sommes toutes endettées », témoigne Saran Sidibé, visiblement épuisée.

Dans les marchés, la détresse est partagée. De nombreuses vendeuses disent être étranglées par les dettes, sans aucune perspective d’amélioration. « Ils doivent avoir pitié des femmes, pour l’amour de Dieu. La souffrance est énorme », insiste-t-elle.

La hausse des prix est qualifiée de brutale. Fatoumata Sidibé dénonce des augmentations difficilement compréhensibles. « Le carton de poisson que nous achetions à 300 000 francs se vend aujourd’hui à 460 000 francs. Nous sommes à bout. Les frigorifiques font ce qu’ils veulent », déplore-t-elle.

Les hommes du secteur confirment également le malaise. Oumar Touré, vendeur de poissons et de poulets, évoque une spirale inflationniste qui affecte aussi bien les commerçants que les consommateurs. « Nous avons manifesté parce que les prix du poisson et du poulet ne cessent d’augmenter. Un carton de poisson vendu autrefois à 220 000 francs coûte désormais entre 300 000 et 400 000 francs. Le carton de poulet, qui valait 210 000 francs, se vend aujourd’hui entre 250 000 et 360 000 francs. À l’approche du Ramadan, la population peine à se nourrir et nous ne réalisons plus aucun bénéfice », explique-t-il.

La mobilisation a ensuite pris une tournure plus radicale. À l’issue de la manifestation, plusieurs entrepôts et chambres froides ont été cadenassés, perturbant l’approvisionnement en poissons et en poulets importés dans certains marchés de la ville. Les protestataires préviennent que le mouvement pourrait se prolonger. « Nous cadenassons les frigos jusqu’à ce qu’un consensus soit trouvé. Notre seul objectif est la baisse des prix pour permettre à la population de bien se nourrir », a martelé Oumar Touré.

Du côté des autorités, aucune réaction n’a été enregistrée pour l’instant. Contactée, l’Inspection régionale de la pêche et de l’économie maritime affirme ne pas avoir encore été officiellement saisie du dossier.

Michel Yaradouno, depuis Kankan 

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