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Guinée : Amnesty International alerte sur une dégradation des droits humains

Dans son rapport 2025-2026, Amnesty International dresse un constat préoccupant de la situation en Guinée, marquée par des restrictions des libertés, des disparitions forcées et des failles dans l’accès à la justice.

Selon l’organisation de défense des droits humains, les atteintes aux libertés fondamentales se sont multipliées au cours de l’année 2025 et se poursuivent en 2026.

L’adoption d’une nouvelle Constitution, prolongeant le mandat présidentiel de cinq à sept ans, et l’organisation de l’élection présidentielle de décembre ont cristallisé les tensions. Les partis d’opposition ont vivement critiqué la candidature du président Mamadi Doumbouya, qu’ils jugent contraire à la Charte de la transition.

Parallèlement, selon le rapport, les autorités ont restreint l’espace politique. Des partis ont été sommés de cesser leurs activités faute d’autorisation administrative, tandis que plusieurs partis majeurs ont été suspendus pour « non-respect de leurs obligations ».

Le rapport souligne également une dégradation de la liberté d’expression. Des figures politiques et des journalistes ont été poursuivis ou inquiétés. Le président du Mouvement démocratique libéral, Aliou Bah, a ainsi été condamné à deux ans de prison pour « offense et diffamation ».

Des médias n’ont pas été épargnés, à l’image du site Guineematin, temporairement suspendu par la Haute Autorité de la communication.

La liberté de réunion reste, elle aussi, fortement restreinte. L’interdiction des manifestations en vigueur depuis 2022 a été maintenue, avec des cas de répression violente signalés, notamment lors d’une mobilisation des Forces vives de Guinée en janvier, qui aurait fait plusieurs morts, poursuit le rapport.

L’un des points les plus alarmants du rapport concerne les disparitions forcées et les enlèvements visant des acteurs de la société civile, des journalistes et des opposants.

Parmi les cas cités figure celui d’Abdoul Sacko, retrouvé dans un état critique après son enlèvement, ou encore celui de Mohamed Traoré, brièvement séquestré.

D’autres figures restent introuvables, notamment Mamadou Billo Bah et Oumar Sylla, dont le sort demeure inconnu malgré l’ouverture d’enquêtes.

La question de l’accès à la justice reste également préoccupante. Amnesty International pointe l’absence de suites judiciaires dans plusieurs dossiers, dont la bousculade meurtrière survenue à Nzérékoré en décembre 2024.

L’organisation s’interroge aussi sur la grâce accordée à l’ancien chef de l’État Moussa Dadis Camara, pourtant condamné à 20 ans de prison pour crimes contre l’humanité liés au massacre du 28 septembre 2009. Une décision qui suscite des doutes quant à l’indépendance de la justice.

Dans ce tableau sombre, une note plus positive émerge toutefois sur le plan environnemental. Les autorités ont pris des mesures pour protéger les ressources forestières, en instaurant notamment une interdiction temporaire de coupe et de transport du bois, face à une déforestation alarmante. Selon l’ONG internationale Global Forest Watch, près de 30 % du couvert forestier aurait disparu en trois décennies.

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