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Législatives et Communales : Le FRONDEG menace de se retirer du processus

Dans une déclaration au ton grave, le président du Front Démographique de Guinée (FRONDEG), Abdoulaye Yero Baldé, a dénoncé ce samedi, au siège de son parti, des « dysfonctionnements structurels graves » entachant les préparatifs des scrutins du 31 mai prochain. Entre rejet massif de candidatures et violations du Code électoral, le parti menace de boycotter les élections si la légalité n’est pas rétablie.

Face à la presse, Abdoulaye Yero Baldé n’a pas mâché ses mots. Pour le leader politique, la crédibilité du processus électoral en République de Guinée est aujourd’hui compromise par des pratiques qui ne sauraient être assimilées à de simples erreurs. « Les faits que nous avons observés, documentés, et que nous portons aujourd’hui à la connaissance du public, ne sauraient être assimilés à des systèmes d’irrégularité administrative. Leur nature, leur récurrence et leur cohérence révèlent des dysfonctionnements structurels graves, incompatibles avec les exigences d’un scrutin libre, transparent et équitable », a-t-il martelé dès l’ouverture de son propos.

Le grief principal repose sur le rejet de plusieurs candidatures communales du parti, une situation que le président juge illégale au regard des procédures en vigueur. « Conformément à l’article 242 du Code électoral, tout rejet de candidature doit être motivé, être notifié dans un délai de dix jours à compter de la date de dépôt du dossier de candidature. En l’espèce, aucune notification n’a été faite dans les délais. Aucun motif n’a été communiqué au parti. Ces manquements constituent une violation grave manifeste des dispositions du Code électoral », a-t-il fustigé. Plus inquiétant encore, il accuse l’administration de tentatives de fraude procédurale « Il ressort d’informations concordantes que certains démembrements de l’administration électorale ont tenté de remettre aux mandataires des documents antidatés destinés à justifier la posturerie des rejets. De tels agissements produisent une tentative de régularisation irrégulière d’une procédure viciée », a-t-il indiqué.

Le FRONDEG pointe également du doigt l’opacité financière et l’arbitraire administratif. Abdoulaye Yero Baldé dénonce une fixation unilatérale des cautions électorales, sans la consultation de la commission financière pluraliste requise par la loi. Par ailleurs, il a révélé que ses mandataires ont subi un refus systématique de paiement dans plusieurs circonscriptions « Les représentants du Front d’œuvre se sont vus refuser l’encaissement de leurs cautions par la série de trésors publics au motif d’un prétendu dépassement du délai. Une telle pratique, en ce qu’elle empêche toute régularisation, est de nature à vicier la procédure de dépôt des candidats », a-t-il déclaré.

L’autre point de friction majeur concerne l’éligibilité de certaines figures de la transition, notamment le président du Conseil National de la Transition (CNT). S’appuyant sur l’article 157 du Code électoral, M. Baldé estime que ce dernier tombe sous le coup des incompatibilités légales « Le président du Conseil national de la transition constitue tant en droit, tant en fait le chef d’une institution majeure de la République, le détenteur à titre temporaire de l’autorité législative en l’absence d’une assemblée nationale. En conséquence, toute validation d’une candidature en violation de cette disposition constitue une atteinte grave aux principes de l’égalité électorale », a-t-il soutenu.

Face à ce qu’il décrit comme une accumulation d’irrégularités, le président du FRONDEG a lancé un ultimatum sans équivoque aux autorités. « Au regard de ce qui précède, le Frondeg appelle solennellement les autorités compétentes à rétablir la légalité du processus électoral. À défaut d’une correction diligente, le Front-dec se réserve le droit de tirer toutes les conséquences politiques qui s’imposent, y compris son retrait du processus électoral en cours. Comme le disent les mathématiciens, cette probabilité est proche de 1, c’est-à-dire que c’est certain », a-t-il souligné.

En conclusion, tout en appelant ses militants au calme et à la discipline, Abdoulaye Yero Baldé a posé une question fondamentale qui résonne comme un défi lancé au pouvoir en place « Sur quels fondements juridiques, politiques et moraux peut-on prétendre organiser l’État si les règles qui le structurent sont elles-mêmes violées ? ». À quelques semaines du 31 mai, le climat politique guinéen s’alourdit d’une incertitude majeure.

Thierno Amadou Diallo

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