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CRIEF : une première bataille perdue par Badra Koné

C’est une audience sous haute tension qui s’est ouverte ce mercredi. Badra Koné, jusqu’à récemment président de la Délégation spéciale de la commune de Matam, se retrouve à la barre aux côtés de sept autres co-prévenus. Le dossier est lourd : détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, escroquerie, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.

Selon l’acte d’accusation, les faits se seraient déroulés entre février 2021 et avril 2026. Il est notamment reproché à Badra Koné d’avoir opéré des manœuvres frauduleuses pour favoriser la société « B&B BTP SARL » dans l’attribution de marchés publics. A la question de savoir s’il reconnaissait les faits, le prévenu a fermement plaidé non coupable, rejetant l’intégralité des charges.

Dès l’ouverture des débats, la défense, conduite par Me Lancinet Sylla, a tenté de paralyser la procédure en soulevant une exception préjudicielle. S’appuyant sur l’article 66 du code électoral, l’avocat a soutenu qu’aucune poursuite ne peut être engagée contre un candidat durant une période électorale, sauf en cas de flagrant délit. Pour la défense, le dossier ne remplit pas les conditions de la flagrance.

La réplique du Ministère Public ne s’est pas fait attendre. Le procureur spécial, Alphonse Charles Wright, a qualifié cette exception de « légère », tant sur la forme que sur le fond. Il a rappelé les dispositions de l’ordonnance 008 relative à la CRIEF, stipulant que les immunités et privilèges de juridiction sont inopposables devant cette cour spéciale. « Nous voulons savoir qui a mis l’eau dans coco », a lancé le procureur pour signifier sa détermination à faire toute la lumière sur ce scandale financier.

Après une suspension d’audience de quelques minutes, le président de la Cour, le juge Alpha Camara, a rendu sa décision. La Cour a déclaré l’exception soulevée par la défense « inopportune » et a rejeté la demande de mise en liberté provisoire de Badra Koné, la jugeant mal fondée.

Par ailleurs, une autre demande a été soulevée. Il s’agit du renvoi du dossier pour « approfondissement des investigations » formulée par les avocats de la défense — arguant que le prévenu ne serait pas en état de se défendre — la Cour a ordonné la poursuite des débats tout en maintenant l’examen de l’affaire.

Thierno Amadou Diallo

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